Dossier Deloitte

Future of finance - Dossier réalisé par Deloitte

Les directions financières face au défi de la transformation digitale

13 novembre 2017

Deloitte

Les directions financières face au défi de la transformation digitale

A l’occasion de la matinée Future of Finance organisée à Paris par le cabinet de conseil Deloitte le 3 octobre 2017, 400 directeurs financiers sont venus échanger sur le thème de l’accélération de la transformation digitale. Une révolution sans précédent qui modifie en profondeur le travail des directions financières et nécessite également une plus grande collaboration entre services. Pour les experts du cabinet de conseil qui accompagnent les directions financières, les femmes et les hommes qui, au quotidien, œuvrent au sein des directions financières demeurent l’élément clé de toute transformation digitale réussie.

La transformation digitale s’accélère. Toutes les entreprises sont aujourd’hui confrontées à de nouveaux entrants, dans leur secteur d’activité. Pour faire face aux nouveaux modèles disruptifs, les entreprises se doivent de se réorganiser afin de devenir plus agiles et plus rapides. Pour ce faire, les organisations en silo laissent place à des organisations transversales permettant une plus grande porosité entre les directions qui ensemble peuvent ainsi plancher sur de nouveaux relais de croissance. Michel Elmaleh chez Deloitte, Membre du COMEX, Managing Partner du pôle Advisory et en charge de la fonction Clients & Industry constate : «Il y a aujourd’hui une nécessité absolue de communiquer des informations fiables et vérifiées, issues de modèles audités, contraintes par des normes comptables et réglementaires. Cette injonction s’est concentrée par le passé sur l’allocation optimale du capital, l’organisation et l’efficacité opérationnelle. Elle se développe aujourd’hui plus largement, sous l’impulsion du digital.» Il précise : «Nous, consultants, sommes de plus en plus appelés à accompagner nos clients sur des modèles innovants de financement. Il s’agit à présent d’accompagner des projets économiques sur des durées plus larges, via un conseil stratégique de long terme. Nous sommes également de plus en plus sollicités sur des projets bien plus transverses qu’ils ne l’étaient auparavant. Dans ce contexte, nous constatons que la fonction finance est un élément central.» Une mutation rapide et profonde accompagnée d’un changement durable des outils utilisés en interne, car «la digitalisation entraîne des problématiques de dématérialisation et de sécurisation, ainsi que la mise en place d’outils robotiques. Tous ces nouveaux outils mobilisent des expertises pointues», détaille Michel Elmaleh.

Vers une plus grande transversalité du métier de comptable

Une robotisation accrue qui pose la question du devenir des comptables. Si certains ironisent sur la mort annoncée des comptables, les experts de Deloitte veulent davantage croire à une redéfinition en profondeur des prérogatives des experts. «Il existe actuellement une tendance au développement du comptable assisté par ordinateur. En effet, de plus en plus de solutions robotiques existent, permettant de traiter les tâches à faible valeur ajoutée, constate Cyrille Mallaret, Associé Finance Transformation Industries Services Distribution chez Deloitte. A l’avenir, le comptable aura la possibilité de déléguer certaines opérations auprès de robots qui se chargeront des contrôles et le solliciteront uniquement en cas d’anomalies.» Autre évolution notable : la transversalité accrue des équipes comptables. «Aujourd’hui, nous collaborons de plus en plus avec des procure-to-pay managers ou des order-to-cash managers. Ce sont des profils qui viennent de la comptabilité mais qui sont à même de créer de la transversalité avec les fonctions amont telles que les achats par exemple», poursuit Cyrille Mallaret.

Contrôleurs de gestion et contrôleurs financiers : moins de production et davantage d’analyse

La transformation digitale affecte également la fonction contrôle de gestion. «Il faut bien avoir à l’esprit que lorsque l’on analyse les rapports livrés par les contrôleurs de gestion, seuls 15 % des éléments sont réutilisés à plusieurs reprises au sein d’un même rapport. Pourtant, une analyse poussée des rapports indique que plus de 50 % des éléments livrés pourraient être réutilisés», explique Sébastien Cannizzo, Associé Finance Transformation FSI, Deloitte. Là encore, les nouveaux outils digitaux offrent la possibilité de gagner en efficacité. «Dans leur très grande majorité, les contrôleurs de gestion déplorent le temps passé à la production de données, au détriment du temps consacré à l’analyse. Le développement de robots devrait permettre d’opérer une modification du temps alloué à chaque tâche, au profit de l’analyse», précise Sébastien Cannizzo. Autre évolution notable, la multiplication des reportings financiers et non financiers qui demandent aux contrôleurs financiers et consolideurs de rassembler et d’analyser des informations dans des délais qui tendent à se réduire. «Les métiers de consolideur et de contrôleur financier ont tendance à se complexifier. Il doivent en effet aujourd’hui être à même de consolider les données financières et les données business, tout en intégrant les données métiers.» Là encore, les robots vont permettre de gagner du temps. «En automatisant les données en provenance des systèmes métiers, les contrôleurs financiers pourront alors gagner du temps en se focalisant uniquement sur les exceptions, afin de livrer au plus vite une vision globale aux membres du comex», explique Cyrille Mallaret.

Onze innovations pour digitaliser la fonction finance

Dans ce contexte, les experts du cabinet Deloitte ont cartographié huit innovations qui ont pour incidence de créer des transversalités et de digitaliser la fonction finance. La première est le digital closing qui permet d’optimiser les clôtures via des outils de pilotage et d’alerte. La seconde est le développement rapide des RPA (robotic process automations) et du machine learning. «Si aujourd’hui seuls quelques-uns de nos clients utilisent ces solutions, l’automatisation devrait se développer très rapidement au sein des directions financières», explique Cyrille Mallaret. Par ailleurs, le global business service se développe également, permettant d’étendre l’approche aux autres pôles, tels que les RH et l’IT. A cela s’ajoute l’intelligence artificielle qui permet d’adapter les systèmes aux problématiques propres de chaque entreprise, ainsi que le process network permettant d’augmenter les performances de l’entreprise, via la mise en place de questionnaires qualité à destination des clients et fournisseurs. Les experts constatent par ailleurs que l’utilisation de la blockchain demeure encore très marginale au sein des directions financières, mais qu’elle pourrait, à l’avenir, se développer davantage. Enfin, le digital controlling et l’utilisation des données demeurent deux outils clés de la transformation digitale, à condition toutefois qu’ils soient utilisés à bon escient, prévient Sébastien Cannizzo : «Il faut garder à l’esprit que ces outils digitaux ont pour vocation de rendre les bases de données plus accessibles et plus intelligentes. Car, in fine, ce sont les collaborateurs de l’entreprise qui seront en charge de les analyser. D’où l’importance de choisir des outils permettant de collecter, de stocker puis de restituer les données de façon pratique et intelligible.»