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La sélection du Club des Trente pour son Prix 2018

Option Finance - 30 avril 2018 - Arnaud Lefebvre

Club des Trente, Prix

Rassemblant des directeurs financiers de grands groupes, le Club des Trente décernera le 17 mai son 18e Prix de la meilleure opération financière. La sélection 2018 fait la place belle aux transactions transfrontalières.

Avec 24 dossiers de M&A et de financement reçus cette année, le Club des Trente a eu l’embarras du choix pour finaliser sa sélection en vue de décerner, le 17 mai prochain, son Prix de la meilleure opération financière*. Il faut dire que l’environnement a été extrêmement porteur en 2017. En valeur, les fusions-acquisitions impliquant au moins une contrepartie française ont en effet dépassé 200 milliards de dollars équivalents selon Thomson Reuters, du jamais vu en 10 ans ! «Nous avons surtout observé de nombreuses transactions transfrontalières, en particulier au Royaume-Uni – et ce malgré le Brexit – et aux Etats-Unis», pointe Sophie Stabile, présidente du jury. Les opérations proposées par les banquiers présentaient aussi une autre caractéristique. «La plupart d’entre elles sont l’œuvre de sociétés leaders sur leur marché domestique et qui, à travers des deals structurants, ont cherché le devenir à l’échelle européenne ou américaine», poursuit Sophie Stabile.

Sur le plan des financements, la présélection a été tout aussi riche, mais… moins remarquable. «Nous avons étudié des montages certes très intéressants, mais dont beaucoup ne revêtaient toutefois pas un caractère exceptionnel, signale Antoine Burel, président du Club des Trente. Même si le choix du bon instrument et de la fenêtre de marché idoine est demeuré essentiel, la liquidité était tellement importante que le risque d’exécution des opérations s’en était trouvé largement réduit.»

Des changements de dimension

Un constat qui transparaît dans la liste des nominés. Sur les six dossiers retenus, seulement deux ont trait à du financement. Tandis que le premier concerne une vaste restructuration financière, en l’occurrence celle du groupe parapétrolier CGG (conversion de créances en actions, extension de maturités…), le second porte sur une émission d’obligations convertibles non dilutives réalisée par Michelin. Fait notable, le fabriquant de pneumatiques est parvenu à emprunter avec un rendement négatif. Dans la catégorie des fusions-acquisitions, le rachat de Pioneer Investments par Amundi pour plus de 3,5 milliards d’euros a retenu l’attention des jurés. «Outre le niveau élevé de synergies, celui-ci contribue à faire d’Amundi un champion européen de taille significative dans son secteur», souligne Sophie Stabile. L’acquisition de Ready Pac Foods par Bonduelle (403 millions de dollars), la plus importante de l’histoire du groupe familial, a également été saluée. «L’entreprise agroalimentaire a su démontrer son agilité à se développer outre-Atlantique et à déployer ses savoir-faire au sein de la cible, sans pour autant tout bouleverser, comme l’illustre par exemple le maintien du top management», précise Sophie Stabile.

La sélection est complétée par deux offres publiques, parmi lesquelles celle menée par Safran sur Zodiac Aerospace. «A l’instar du deal d’Amundi, elle a permis à Safran de changer de dimension tant sur le plan de l’exposition géographique que de son offre produits, une évolution primordiale alors que le secteur des équipementiers est très concurrentiel à l’international», soulève Antoine Burel. Le rachat du Britannique Berendsen Elis a enfin été jugé tout aussi stratégique. «En faisant l’acquisition d’un concurrent qui avait quasiment la même taille que lui, Elis a accéléré sa diversification géographique et élargi son offre de services, devenant ainsi un champion européen, leader sur bon nombre de ses marchés», ajoute Antoine Burel. Le lauréat succédera à Seb (acquisiiton de WMF) et Air liquide (financement de l’acquisition d’Airgas).

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