Communauté financière

Bilan

Les 50 qui ont fait l'actualité en 2014 : Institutions et Associations

Option Finance - 5 janvier 2015 - La rédaction d'Option Finance

Agence France Trésor – Ambroise Fayolle emprunte pour la France à des taux planchers

Ambroise Fayolle, directeur général, Agence France Trésor
Ambroise Fayolle

Malgré une économie à l’arrêt et des engagements de réduction du déficit public non tenus, la France continue de bénéficier de son statut de valeur refuge auprès des investisseurs. Une situation illustrée par l’évolution des taux souverains, qui ont enregistré une forte baisse en 2014. Sur l’ensemble de l’année, le taux à dix ans a ainsi chuté de plus de 60 %, touchant son plus bas niveau historique mi-décembre, à 0,90 %. Dirigée par Ambroise Fayolle, l’Agence France Trésor a même emprunté au-delà de deux ans, sur les trois premiers trimestres, au taux moyen de 1,44 %, franchissant le précédent plancher de 2013 (1,54 %). En cas de rachats d’obligations d’Etat par la Banque centrale européenne, cette tendance pourrait se poursuivre en 2015, au moins durant la première partie de l’année.

Banque centrale européenne - Mario Draghi fait entrer la BCE dans une nouvelle ère d’assouplissement

Mario Draghi, président, BCE
Mario Draghi

Depuis sa nomination à la tête de la Banque centrale européenne en 2011, Mario Draghi a habitué les marchés à une politique monétaire accommodante. L’année dernière, un nouveau cap a encore été franchi. D’abord, le président de l’institution a abaissé le principal taux directeur à un plancher historique (0,05 %). De plus, le taux de la facilité de dépôt, qui rémunère les dépôts des banques, a été fixé en territoire négatif pour la première fois depuis la création de la monnaie unique (– 0,20 %). Souhaitant affaiblir l’euro face aux autres devises et instiller dans l’économie des pressions inflationnistes, la BCE a également fait part de son intention d’accroître la taille de son bilan d’un tiers, à près de 3 000 milliards d’euros. Pour y parvenir, elle a accordé, en septembre puis en décembre, environ 210 milliards d’euros à destination des banques, à des conditions préférentielles (taux fixe de 0,15 % sur quatre ans). En outre, l’institution a lancé durant le quatrième trimestre un programme d’assouplissement quantitatif, portant sur des rachats d’obligations sécurisées et de titres adossés à des actifs (ABS).

Banque de France - Christian Noyer relance la titrisation en France

Christian Noyer, gouverneur, Banque de France
Christian Noyer

En dépit d’un environnement de marché apaisé pour les établissements bancaires français, les chantiers n’ont une fois de plus pas manqué pour Christian Noyer en 2014. Gouverneur de la Banque de France depuis 2003, ce dernier a en effet œuvré durant le premier semestre afin d’infléchir la position de l’administration judiciaire américaine vis-à-vis de BNP Paribas, poursuivie pour avoir violé dans les années 2000 l’embargo décrété par les Etats-Unis sur des «pays voyous». Sur le plan financier, Christian Noyer a également cherché, concomitamment à la revue des bilans pilotée par la BCE, à apporter des solutions face aux nouvelles contraintes prudentielles pesant sur les banques (ratios de liquidité, ratios de solvabilité, etc.). Pour préserver la capacité de prêt de ces dernières, il a ainsi lancé en avril «Esni», le premier véhicule de titrisation de place portant sur des crédits de PME. Ce dispositif doit permettre aux établissements de lever plus facilement des fonds sur les marchés en apportant cette catégorie d’actifs en garantie.

Conseil de la simplification – Thierry Mandon et Guillaume Poitrinal allègent le fardeau administratif des entreprises

Initiée en 2013, la mise en œuvre du choc de simplification, initiée dès 2013, s’est poursuivie en 2014 avec la création, au mois de janvier, par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault du Conseil de la simplification. Ce dernier, alors co-présidé par le député Thierry Mandon et l’ancien PDG d’Unibail-Rodamco Guillaume Poitrinal, a pour vocation pendant trois ans de dialoguer avec les entreprises, afin de faire remonter auprès de l’exécutif leurs attentes en termes d’allégement administratif. Après un premier train de 50 mesures publié en avril, comprenant notamment le principe de non-rétroactivité fiscale, ou encore la simplification de la fiche de paie, le Conseil a proposé 50 mesures supplémentaires au mois d’octobre. Si seulement 4 % des mesures annoncées en avril ont pour l’instant été mises en œuvre, les entreprises peuvent peut-être espérer que Thierry Mandon, nommé secrétaire d’Etat à la réforme de l’Etat et à la simplification au mois de juin, continuera de soutenir leur cause à son nouveau poste…

DFCG – Philippe Audouin représentera la profession des directeurs administratifs et financiers en France

Philippe Audouin, président de l’association nationale des directeurs financiers et du contrôle de gestion (DFCG).

Directeur administratif et financier d’Eurazeo depuis 2002, Philippe Audouin a été élu fin novembre président de l’association nationale des directeurs financiers et du contrôle de gestion (DFCG). Depuis 2009, il était vice-président exécutif de la DFCG en charge des relations institutionnelles. Il prendra ses nouvelles fonctions le 1er janvier 2015, et succédera alors à Thierry Luthi, directeur financier de Cegid, qui avait occupé cette fonction pendant trois ans. Philippe Audouin est également, notamment, membre du comité consultatif de l’autorité des normes comptables et de la commission «émetteur» de l’AMF.

Elysée - Laurence Boone conseille François Hollande sur sa politique économique

Laurence Boone, conseillère économique de François Hollande
Laurence Boone

Pour remplacer son conseiller économique Emmanuel Macron, qui avait décidé en juin dernier de quitter son poste, François Hollande n’a pas eu peur d’aller chercher sa remplaçante dans une banque américaine : Laurence Boone était jusqu’en juin dernier managing director et chef économiste Europe de Bank of America Merrill Lynch. Auparavant, cette spécialiste d’économétrie, passée par le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) puis par le département affaires économiques de l’OCDE, avait été chef économiste de Barclays Capital France, un temps présidé par Jean-Pierre Jouyet, actuel secrétaire général de l’Elysée. Bien qu’affichant une sensibilité de gauche, Laurence Boone n’avait pas hésité, peu avant d’accepter son poste, à publier un article très critique sur l’état de la France, dans lequel elle fustigeait «l’absence totale de politique économique» et des «choix de politique économique quasiment inexistants». Elle est maintenant bien placée pour tenter d’inverser la tendance…

Finance Watch – Christophe Nidjam veut placer la finance au service de la société

Christophe Nidjam, secrétaire général, Finance Watch
Christophe Nidjam

Finance Watch aura mis plus de six mois à trouver un remplaçant à son ancien et emblématique secrétaire général depuis sa création en 2011, Thierry Philipponnat, qui a démissionné en mai dernier. Mais l’association qui défend l’intérêt général face aux pratiques financières a su recruter avec Christophe Nijdam, un expert des questions bancaires. Cet ardent défenseur de la séparation des activités des banques, qui a pris ses fonctions début janvier, a en effet occupé pendant douze ans des postes de direction au sein du Crédit Lyonnais, du CCF et du Crédit du Nord en France et aux Etats-Unis avant de devenir un analyste reconnu de ce secteur, notamment chez AlphaValue. Convaincu que la crise financière n’est pas terminée, il souhaite remettre la finance au service de la société en faisant entendre les positions de Finance Watch à l’occasion des débats dans les réglementations financières en cours d’élaboration.

Jean Pisani-Ferry et Henrik Enderlein veulent réformer l’Europe

Jean Pisani-Ferry et Henrik Enderlein
Jean Pisani-Ferry et Henrik Enderlein

Afin de relancer une Europe en panne de croissance, les ministres de l’Economie des deux principales puissances économiques du continent, Emmanuel Macron et son homologue allemand Sigmar Gabriel ont confié à deux économistes de renom le soin d’identifier les solutions qui permettraient de sortir de l’ornière. Dans un rapport de 52 pages présenté fin novembre, Jean Pisani-Ferry, actuel commissaire général de France Stratégie et ancien directeur du think tank Bruegel, et Henrik Enderlein, directeur du Jacques Delors Institut et ancien économiste à la BCE, exhortent la France et l’Allemagne à prendre leurs responsabilités en initiant une série de réformes, parmi lesquelles un assouplissement du Code du travail hexagonal, une évolution de la structure du marché de l’emploi outre-Rhin et l’adoption de législations communes dans certains secteurs d’activité stratégiques, comme l’énergie et le numérique. Avec une mise en garde : «La France et l’Allemagne passent beaucoup de temps à des déclarations communes et à des initiatives conjointes, ont-ils rappelé. Ce qui nous manque, ce sont les actes

Mécanisme de supervision unique - Danièle Nouy supervise un système bancaire passé au crible

Danièle Nouy, présidente du conseil de surveillance, Mécanisme de supervision unique
Danièle Nouy

Nommée le 1er janvier 2014 présidente du conseil de surveillance du Mécanisme de supervision unique (MSU), Danièle Nouy a véritablement pris ses fonctions le 4 novembre dernier. Chargé, dans le cadre de l’Union bancaire, d’assurer le contrôle prudentiel de l’ensemble des établissements bancaires de la zone euro, le MSU n’a en effet hérité de cette mission qu’à cette date, une fois finalisés la revue des principaux bilans bancaires et les tests de résistance menés tout au long de l’année par la Banque centrale européenne. Rassurée sur la solidité du système bancaire, l’ancienne secrétaire générale de l’Autorité française de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a désormais la tâche de superviser, à partir du même cahier des charges, près de 6 000 banques, parmi lesquelles les 128 principales de manière directe.

Medef – Thibault Lanxade dénonce l’obligation d’informer les salariés de PME en cas de cession

Thibault Lanxade, président du pôle entrepreneuriat et croissance, Medef
Thibault Lanxade

Consacrée à l’économie sociale et solidaire, la loi Hamon a déclenché la colère des dirigeants de PME. En cause : une mesure surprenante au regard de la thématique du texte, puisqu’elle encadre la… cession de l’entreprise ! Votée en juillet dernier, cette loi oblige depuis le 1er novembre les patrons de petites et moyennes entreprises d’informer leurs salariés de leur projet de cession au moins deux mois avant la réalisation de l’opération. Une mesure qui a été vivement dénoncée notamment par Thibault Lanxade, un des principaux meneurs de la fronde, selon qui le fait de communiquer des informations stratégiques, comme la rentabilité, est de nature à fragiliser la société vis-à-vis de ses concurrents. Malgré l’opposition de l’ensemble des organisations patronales, le gouvernement et le Parlement ont souhaité maintenir cet impératif, susceptible d’après eux de soutenir la reprise d’entreprises par leurs salariés.

Ministère de l’Economie - Emmanuel Macron redonne un coup de fouet à Bercy

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron

Le départ d’Emmanuel Macron de l’équipe gouvernementale aura été de courte durée. Alors qu’il avait démissionné en juillet dernier de son poste de secrétaire général adjoint de l’Elysée, en charge des questions économiques, en laissant entendre qu’il allait se consacrer à l’enseignement et à la recherche, le départ de Bercy d’Arnaud Montebourg l’a conduit à peine deux mois plus tard à modifier son programme. Affichant un profil radicalement opposé à celui de son prédécesseur, le nouveau et jeune (36 ans) ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique a vu sa nomination accueillie avec soulagement par les milieux d’affaires, rassurés par le pragmatisme de cet ancien banquier d’affaires de Rothschild. En dépit de ce bon indice de confiance, le projet de loi élaboré en trois mois par Emmanuel Macron pour relancer la croissance et l’activité, structuré autour de trois chapitres aux titres prometteurs («libérer», «investir», «travailler»), a laissé sceptiques les observateurs, qui le jugent trop peu ambitieux. Les efforts, même limités, de libéralisation du ministre de l’Economie sont toutefois appréciés du grand public, puisqu’il a vu sa cote de popularité grimper de 12 points après la présentation de son projet de loi.

Nobel - Jean Tirole promeut la pensée économique française

Jean Tirole, prix Nobel d’économie
Jean Tirole

Vingt-six ans après Maurice Allais, Jean Tirole a reçu en décembre dernier le prix Nobel d’économie, le troisième seulement à avoir été attribué à un Français. Très estimé par ses pairs, l’économiste de 61 ans s’était jusqu’alors toujours caractérisé par une grande discrétion, ce qui ne l’empêchait pas d’être considéré comme «nobélisable» depuis plusieurs années. Spécialiste de l’économie industrielle, Jean Tirole a été récompensé pour ses travaux sur la régulation des oligopoles, un enjeu plus que jamais d’actualité à l’heure où les politiques commencent à s’inquiéter de la domination des géants des nouvelles technologies. Mais c’est dans un autre de ses autres domaines de recherche, le marché du travail, qu’il exhorte actuellement le gouvernement français à mener des réformes urgentes. Le prix devrait en tout cas renforcer la notoriété de l’Ecole d’économie de Toulouse qu’il préside, très réputée dans les milieux académiques, mais moins connue dans ceux des affaires.


Paris Europlace - Olivier Casanova identifie les nouvelles sources de financement pour les PME

Olivier Casanova, directeur financier, Tereos
Olivier Casanova

Face à une liquidité bancaire qui devrait se réduire progressivement sous l’effet des contraintes liées à Bâle 3, l’émergence de solutions alternatives de financement de moyen et long terme devient essentielle. Un constat qui prévaut notamment pour les PME, dont les besoins annuels sont évalués à 100 milliards d’euros. Afin d’accompagner cette catégorie d’entreprises dans cette démarche de désintermédiation financière, Olivier Casanova, directeur financier de Tereos, a animé un groupe de travail sur le sujet au sein de Paris Europlace, ce qui s’est traduit par la publication d’un rapport en mars dernier. Retraçant les initiatives récemment lancées, le document met notamment l’accent sur le développement des placements privés en euros et des émissions d’obligations mutualisées. Pour les PME affichant des besoins de moindre taille, le financement participatif (crowdfunding) ressort comme l’une des rares solutions, tandis que l’essor de la titrisation de créances pourrait permettre aux banques de renforcer leurs capacités de prêt.

Tribunal de commerce de Paris - Frank Gentin solde le litige entre LVMH et Hermès

Frank Gentin, président du tribunal de commerce de Paris
Frank Gentin

Né en 1957 à Nancy, diplômé de l’Essec, Frank Gentin a été élu à la tête du tribunal de commerce de Paris en 2012 pour un mandat de quatre ans. Aussi discret qu’efficace, le nouveau président a immédiatement mis en place des indicateurs de performance au sein de son tribunal pour mesurer les performances de la justice consulaire parisienne et améliorer celles-ci partout où c’était possible. Parallèlement, il a révélé des talents de conciliateur. C’est lui qui a incité en juin 2012 les groupes Casino et Galeries Lafayette à trouver un accord amiable à propos de Monoprix. Lui aussi qui est à l’origine en mai 2013 de la médiation réussie entre Lagardère et Vivendi sur le dossier Canal Plus. Enfin, cet été, LVMH et Hermès ont enterré la hache de guerre dans le bureau de Frank Gentin. Convaincu des vertus des solutions amiables, le président du tribunal de commerce a décidé de créer une chambre dédiée à la conciliation qui sera installée en janvier. Marié à Valérie Bernis, directeur général adjoint de GDF Suez en charge des communications, du marketing et du développement durable, Frank Gentin est président de la société Bernis.