Communauté financière

Bilan

Les 50 qui ont fait l'actualité en 2015 : Institutions et Associations

Option Finance - 4 janvier 2016 - La rédaction d'Option Finance

AFG - Muriel Faure fait entendre sa voix au comité stratégique de l’association

Muriel Faure, AFG
AFG

Peu de femmes parviennent aujourd’hui encore à des postes à responsabilité dans la gestion d’actifs. En septembre 2015, Muriel Faure s’est illustrée en restant la seule à intégrer le nouveau comité stratégique de l’Association française de la gestion financière (AFG). Si la dirigeante de la société de gestion Fourpoints IM faisait déjà partie du précédent comité, elle fera désormais davantage entendre sa voix puisqu’elle participera aux côtés d’une dizaine de ses homologues masculins à la gouvernance de l’association, présidée par Yves Perrier par ailleurs directeur général d’Amundi. Elle a notamment pour mission de co-animer, aux côtés de Jean-Louis Laurens, la commission recherche et innovation. Cette dernière vise à favoriser les relations entre les professionnels de la gestion d’actifs et la recherche académique. Muriel Faure se penchera notamment sur un sujet très décisif pour l’avenir des asset managers : la révolution digitale. Elle s’occupera, entre autres, de créer un espace de rencontres entre les sociétés de gestion et les fintechs.

A.S.

Agence France Trésor – Anthony Requin soulage les finances publiques

Anthony Requin, Agence France Trésor
Agence France Trésor

Nommé directeur général de l’Agence France Trésor (AFT) en mars dernier, en remplacement d’Ambroise Fayolle, Anthony Requin a bénéficié, pour ses débuts à la tête de l’institution chargée d’émettre la dette souveraine, d’un environnement favorable. Grâce notamment aux rachats d’obligations d’Etat effectués par la Banque centrale européenne, l’AFT a en effet obtenu des taux d’emprunt historiquement bas en 2015 : – 0,19 % en moyenne pour les émissions d’une durée inférieure ou égale à un an (0,07 % en 2014) et 0,63 % pour les levées de fonds d’au moins deux ans (1,31 % en 2014).
Alors que cette situation favorable est appelée à se prolonger en 2016, Anthony Requin, qui a réalisé l’essentiel de sa carrière au sein de la direction générale du Trésor, aura comme priorité d’améliorer la perception des investisseurs à l’égard du marché français de la dette publique. En 2015, 93,6 % d’entre eux se sont déclarés «satisfaits» ou «très satisfaits» de son fonctionnement, contre 97,9 % un an plus tôt.

A.L.

Agence des participations de l’Etat – Martin Vial gère le patrimoine mobilier de la France

Martin Vial, Agence des participations de l’Etat

Bras armé de l’Etat actionnaire, l’Agence des participations de l’Etat (APE) s’est dotée d’un nouveau patron en 2015. A peine un an après son arrivée, Régis Turrini a en effet cédé sa place en août dernier à Martin Vial. Ancien président du Groupe La Poste, ce dernier avait occupé entre 2003 et fin 2014 la fonction de directeur général du Groupe Europ Assistance. Il est aujourd’hui en charge d’un portefeuille de 77 entreprises, au sein duquel figurent certains dossiers sensibles. D’abord, il devra gérer courant 2016 le rachat des activités réacteurs d’Areva par EDF, qui représente la principale participation de l’APE. Le second sujet brûlant concerne les questions de gouvernance chez Renault. Suite à la montée de l’APE au capital du constructeur en avril, un modus vivendi a certes été trouvé en fin d’année entre Carlos Ghosn, PDG de Renault et de Nissan, et Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, mais les marchés restent sceptiques. En attendant, l’Etat n’a pas réalisé une mauvaise affaire. L’APE est parvenue à protéger la valeur de sa participation à la baisse en recourant pour la première fois de son histoire à des produits dérivés, évitant ainsi tout désagrément pour les finances publiques.

A.L.

Autorité des normes comptables – Patrick de Cambourg prend la présidence

Patrick de Cambourg, Président, Autorité des normes comptables
Autorité des normes comptables

Laissée vacante par le décès de Jérôme Haas en 2014, la présidence de l’Autorité des normes comptables a été confiée en mars dernier à Patrick de Cambourg. Un poste technique mais aussi politique pour le président d’honneur de Mazars. Après avoir développé pendant trente ans le cabinet d’audit créé par Robert Mazars, et l’avoir hissé au cinquième rang du secteur en France, juste derrière les Big Four, cet expert impliqué de longue date dans les débats comptables de place ne va pas avoir pour seule mission de réguler le marché français. L’ANC étant présente à l’Efrag, le groupe consultatif pour l’information financière en Europe, chargé de conseiller la Commission européenne sur le sujet des normes IFRS, Patrick de Cambourg va également participer aux réflexions menées pour renforcer le poids de l’Europe dans l’élaboration des normes comptables internationales. Un enjeu important alors que les Etats-Unis ont renoncé à la convergence vers un seul référentiel comptable et que la position de la Chine reste à clarifier.

V.N.

Banque centrale européenne - Mario Draghi influence la politique des banques centrales internationales

Mario Draghi, Banque centrale européenne
Banque centrale européenne

Même si l’année 2015 a été marquée, du côté des banques centrales, par le premier relèvement des taux directeurs américains depuis près de dix ans et par le changement majeur de régime de change de la Chine, c’est bel et bien Mario Draghi qui, une fois encore, a focalisé l’attention des investisseurs internationaux. En janvier, le président de la BCE a en effet annoncé le lancement d’un programme de rachat d’actifs (QE), visant à relancer la croissance et la distribution de crédits au sein de la zone euro. Pour y parvenir, l’institution s’est engagée à acquérir au moins 1 500 milliards d’euros de titres divers.
Cette mesure a eu pour premier effet de contraindre d’autres banques centrales à réagir. Celle du Danemark, dont la monnaie est arrimée à l’euro, a ainsi dû abaisser par surprise ses taux pour que la couronne ne s’apprécie pas. La Banque nationale suisse a, quant à elle, été amenée à abandonner sa stratégie de taux plancher, mise en place en 2011 pour affaiblir le franc suisse face à la monnaie unique. Sur le plan intérieur, le QE commence à porter ses fruits. Il s’est d’abord traduit en mai 2015 par le retour à une évolution positive des crédits alloués aux entreprises européennes, après plusieurs années en territoire négatif. En outre, ce dispositif a entraîné une dépréciation de l’euro face au dollar (- 7 % environ). Grâce notamment au renforcement de la compétitivité des exportateurs, le PIB de l’Union monétaire a enregistré une progression annuelle de 1,3 % au premier trimestre 2015 puis de 1,6 % lors des deux trimestres suivants, contre + 0,9 % sur l’ensemble de 2014.

A.L.

Banque de France - Alexandre Gautier veut relancer la titrisation en France

Alexandre Gautier, Banque de France
Banque de France

La persévérance d’Alexandre Gautier a fini par payer. Depuis le lancement d’un véhicule de titrisation de prêts de PME (Esni) par la place de Paris en avril 2014, le directeur des opérations de marché de la Banque de France militait pour que la Banque centrale européenne (BCE) accepte les titres émis par Esni en tant que garanties. Avec une telle décision, les établissements achetant ces actifs seraient en mesure de les apporter comme sûreté afin d’emprunter, en contrepartie, des fonds auprès de l’institution monétaire. Après plus d’un an d’efforts, la requête d’Alexandre Gautier a enfin abouti le 2 novembre dernier. Un dénouement qui devrait inciter de nouvelles banques à participer à ce dispositif aux côtés des cinq établissements initiaux.

A.L.

Banque de France - François Villeroy de Galhau succède à Christian Noyer

François Villeroy de Galhau, Banque de France
Banque de France

Le suspens aura été limité. Donné assez tôt comme favori pour succéder à Christian Noyer à la tête de la Banque de France, François Villeroy de Galhau a été préféré par François Hollande à Benoît Cœuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne, et nommé gouverneur de l’institution en novembre dernier. Proche de la gauche, l’ancien directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn à Bercy avait aussi pour lui de bien connaître les rouages bancaires pour avoir passé douze ans chez BNP Paribas. Directeur général délégué de la banque, cet X-énarque de 56 ans a été préalablement P-DG de Cetelem, une filiale du groupe, puis responsable de la banque de détail. Un parcours qui a aussi failli le desservir. En septembre, un collectif de 150 économistes (dont Thomas Piketty) publiait une tribune dans Le Monde demandant aux parlementaires de s’opposer à cette nomination, potentiellement source, selon eux, de conflits d’intérêt. Ils n’ont, de toute évidence, pas été entendus.

V.N.

Commission européenne – Jonathan Hill simplifie l’accès des entreprises aux financements de marché

Jonathan Hill, Commission européenne
Commission européenne

Commissaire européen en charge de la stabilité financière, des services financiers et de l’Union des marchés de capitaux, Jonathan Hill avait été critiqué en 2014 lors de sa nomination, en raison de son profil technocratique. Mais depuis qu’il a initié le projet de «Capital Markets Union» (CMU) en février dernier, la communauté financière se montre mieux disposée à son égard. Ce chantier est, il est vrai, très ambitieux. D’ici 2019, le Britannique envisage en effet de renforcer le poids du financement de l’économie européenne par les marchés financiers, en assouplissant les règles qui pénalisent tant les investisseurs que les emprunteurs. Pour y parvenir, Jonathan Hill a par exemple proposé fin 2015 une révision de la directive «prospective», ce qui devrait simplifier le processus des émissions obligataires, en particulier pour les PME-ETI. D’autres mesures seront progressivement annoncées au cours de l’année, concernant notamment la titrisation, la mise en place d’un régime paneuropéen de placements privés et d’une infrastructure européenne permettant d’améliorer l’information financière disponible sur les PME. Autant de dispositions considérées par les spécialistes des marchés de capitaux comme des étapes majeures dans la construction d’une union financière européenne.

A.L.

Conseil de la simplification – Françoise Holder veut faciliter la vie des entreprises françaises

Françoise Holder, Conseil de la simplification
Conseil de la simplification

Nommée à la coprésidence du Conseil de la simplification en janvier 2015, Françoise Holder, administrateur du groupe Holder, société qui détient notamment les boulangeries Paul et les restaurants Ladurée, a passé son année à réduire la charge administrative des entreprises françaises ! Au mois de juin dernier, elle a ainsi présenté un train de 52 nouvelles mesures de simplification, parmi lesquelles figuraient notamment la suppression de l’imprimé fiscal unique pour les distributions intragroupes, ainsi que l’harmonisation des contrôles administratifs. Depuis 2013, 273 actions de simplification ont été initiées. Un chiffre qui devrait encore augmenter. En effet, alors que le Conseil de la simplification s’est réuni le 17 décembre dernier, une nouvelle série de mesures est attendue pour ce début d’année.

A.R.

Conseil d’Etat – Jean-Denis Combrexelle donne des pistes pour réformer le Code du travail

C’est à Jean-Denis Combrexelle que Manuel Valls a confié en avril dernier la mission de trouver de nouvelles pistes pour réformer en profondeur le Code du travail. Face à ce serpent de mer, le président de la section sociale du Conseil d’Etat et ancien directeur général du Travail a remis cinq mois plus tard 44 propositions au gouvernement ayant pour objectif d’améliorer le fonctionnement du marché de l’emploi en France. La plus notable d’entre elles suggère de réduire le champ d’application du Code du travail afin d’étendre les prérogatives des accords d’entreprise et de branche, notamment en ce qui concerne les conditions, le temps de travail et les salaires des collaborateurs. Le gouvernement a déjà indiqué que certaines mesures, concernant par exemple la possibilité pour les sociétés de redéfinir elles-mêmes le seuil de déclenchement des heures supplémentaires de leurs employés, ne seraient pas retenues. L’exécutif entend néanmoins s’appuyer sur ce rapport pour présenter cette année une nouvelle réforme du marché du travail.

G.C.

Financement Participatif France – Nicolas Lesur défend les intérêts du crowdfunding

Nicolas Lesur, Financement Participatif France
Financement Participatif France

Depuis l’entrée en vigueur en octobre 2014 du cadre législatif concernant le crowdfunding, ce mode de financement connaît un développement fulgurant en France. D’abord, le nombre de plateformes d’investissement en capital (crowdequity), en dette (crowdlending) et sous forme de dons est passé de quelques dizaines à plus d’une centaine d’acteurs en à peine un an. Ensuite, le montant total investi dans des projets par leur intermédiaire a atteint 133,2 millions d’euros au 1er semestre 2015, soit deux fois plus qu’au cours de la même période un an plus tôt. Ce dynamisme, Nicolas Lesur y a particulièrement contribué dans le cadre de sa fonction de président de l’association Financement Participatif France. Egalement président et fondateur de la plateforme Unilend, il a notamment convaincu le gouvernement d’inclure dans le projet de loi de finances rectificative pour 2015 des mesures fiscales favorables aux investissements en crowdfunding, comme par exemple la possibilité de déduire les pertes subies de l’impôt sur le revenu.

G.C.

Ministère de l’Economie - Emmanuel Macron monte en puissance

Emmanuel Macron, Ministère de l’Economie
Ministère de l’Economie

313 articles, 10 756 amendements déposés, dont 2 329 adoptés : débattue pendant six mois, la loi Macron aura donné l’occasion aux parlementaires de faire preuve d’une productivité finalement peu… productive. Le texte a beau comporter des mesures appréciées par les entreprises, comme celles qui facilitent le crédit interentreprises ou qui améliorent la fiscalité des actions gratuites, il est très loin de répondre à leurs attentes, notamment en matière d’assouplissement du marché du travail.
Les débats auront néanmoins donné l’occasion au jeune ministre de l’Economie de montrer une certaine pugnacité et de gagner en crédibilité. En témoigne la hausse régulière de sa cote de popularité, encore accrue par des sorties peu politiquement correctes vues du PS, sur les 35 heures («des fausses idées»), ou les fonctionnaires (un statut qui n’est plus «adéquat»). A l’occasion d’une présentation des grandes lignes de son projet de loi sur les nouvelles opportunités économiques (Noe), qui devrait être rendu public en janvier, Emmanuel Macron a évoqué la nécessité de développer «une forme de fonds de pension à la française». De nouvelles polémiques en perspective…

V.N.

OCDE - Pascal Saint-Amans lutte contre l’optimisation fiscale

Pascal Saint-Amans, OCDE
OCDE

Les fiscalistes sont rarement médiatisés. Directeur du centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE depuis 2012, Pascal Saint-Amans pourrait bien l’être de plus en plus. Cet énarque de 47 ans, qui a passé douze ans à Bercy à la direction de la législation fiscale, conduit en effet le plan européen de lutte contre l’évasion fiscale des multinationales. L’enjeu est de taille : l’évasion et l’optimisation fiscales priveraient chaque année les Etats de 100 à 240 milliards de dollars de recettes.
Ayant pour objectif de limiter les pratiques d’érosion de la base d’imposition et le transfert des bénéfices vers des paradis fiscaux, le projet BEPS (Base Erosion and Profit Shifting), conçu sous la houlette de Pascal Saint-Amans, a été avalisé en novembre dernier par les chefs d’Etat et de gouvernement réunis au G20 d’Antalya. Si certaines mesures sont déjà applicables en France, le plan devrait néanmoins entraîner des changements importants dans la stratégie fiscale des entreprises, car celles-ci devront fournir à l’administration des informations encore plus détaillées qu’auparavant…

V.N.

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