Financement des entreprises et Trésorerie

Financement

La Caisse d’Epargne se met au troc

Option Finance - 24 avril 2017 - Anaïs Trebaul

Financement, Fintech

La fintech France Barter et la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes viennent de nouer un partenariat afin de proposer aux clients professionnels de la banque les services d’une plateforme originale. Les entreprises peuvent s’y échanger leurs biens et services.

Une banque qui propose une solution de financement, sans échange d’argent : c’est possible ! Les clients de la Caisse d’Epargne du Rhône-Alpes peuvent en effet désormais se voir proposer un mode de financement fondé sur… le troc. Une approche innovante qui découle de la mise en place d’un partenariat entre la banque régionale et la fintech France Barter. Créée en 2014, cette start-up permet à ses entreprises membres de réaliser des achats, sans sortie de trésorerie, mais en échange de leurs propres biens et services. Celle-ci s’adresse à un large spectre d’entreprises, TPE, PME, voire de plus grandes, comme Cegid.

Ne pas utiliser sa trésorerie

Le but de cette plateforme est de diversifier les financements de bas de bilan. Pour ce faire, les utilisateurs peuvent compter sur des conditions d’échanges souples. En effet, celles-ci ne sont pas restreintes à des relations unilatérales entre le vendeur et l’acheteur. «Par exemple, si une agence web acquiert du mobilier pour 1 000 euros auprès d’une société spécialisée dans l’ameublement, cette dernière pourra utiliser ce montant pour acheter n’importe quel autre bien ou service sur la plateforme», précise Arthur Bard, associé chez France Barter. Ainsi, cet outil de paiement évite aux entreprises d’utiliser leur trésorerie à court terme. «Après avoir effectué un achat sur la plateforme, l’entreprise a deux ans pour vendre un de ses biens ou services», explique Arthur Bard. En revanche, pour pouvoir obtenir un bien ou service sans avoir rien vendu au préalable, l’entreprise doit remplir certaines conditions. «Elle doit être financièrement stable et faire partie d’un des secteurs recherchés sur la plateforme (comptabilité, médias, séminaires, nettoyage, impressions), poursuit Arthur Bard. Toutefois, ces conditions peuvent s’assouplir en fonction de l’ancienneté de la société sur le site.» Outre ces aspects strictement financiers, cette plateforme offre également à ses membres la faculté de développer leur réseau, en nouant de nouvelles relations commerciales.

Autant d’avantages qui, selon les promoteurs de l’instrument, justifient son coût d’utilisation. «Pour accéder à la plateforme, les entreprises doivent payer un abonnement de 235 euros par an, indique Arthur Bard. En outre, nous prenons 5 % de commission sur les transactions.» Pour l’heure, environ 20 transactions sont effectuées par jour et les biens et services proposés sont vendus en moins d'une semaine pour les plus prisés et entre un et deux mois pour les moins recherchés. Avec actuellement 700 entreprises membres, les fondateurs de la plateforme espèrent doubler ce nombre d’ici à la fin de l’année.

«B612» l’incubateur de la Caisse d’Epargne du Rhône Alpes

Le «troc» proposé par France Barter est une solution de financement qui, au premier abord, semble concurrencer les banques. Mais si la Caisse d’Epargne a conclu ce partenariat, c’est parce que les deux entités se connaissent depuis longtemps. La fintech fait en effet partie de l’incubateur «B612» créé l’année dernière par la Caisse d’Epargne du Rhône-Alpes. «Il compte une quinzaine de fintechs et insurtechs, indique Jérôme Ballet, membre du directoire en charge du pôle finance et opérations de la Caisse d’Epargne du Rhône-Alpes. Chacune dispose d’un parrain banquier attitré pour l’aider dans sa réflexion digitale, et lui proposer des projets à mettre en place.»

De son côté, la Caisse d’Epargne en tire plusieurs avantages. «Cet incubateur nous permet de nous diversifier en nous ouvrant davantage au secteur des fintechs et insurtechs, souligne Jérôme Ballet. En outre, si pour l’heure nous n’avons pas de lien financier et ne détenons pas de participation au capital de ces start-ups, nous n’excluons pas d’investir en fonds propres dans certaines d’entre elles dans un second temps.»

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