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Crédits syndiqués

Un «hard Brexit» pénaliserait les emprunteurs

07 décembre 2018 - optionfinance.fr

Face à l’inquiétude de plusieurs de ses membres (banques, investisseurs en dette, avocats, prestataires de services financiers et agences de notation), la Loan Market Association (LMA) vient de publier une étude consacrée aux conséquences pour le marché des crédits syndiqués d’une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union européenne. Dans la mesure où il n’existe aujourd’hui aucun «régime d’équivalence» en matière de prêts transfrontaliers, un hard Brexit empêcherait de facto les institutions financières basées outre-Manche de financer des entreprises localisées en Europe continentale, de même que les institutions d’Europe continentale de participer à une syndication pour un client domicilié au Royaume-Uni. Compte tenu du poids de la City sur ce compartiment de marché, les conséquences pourraient être lourdes pour les emprunteurs. En effet, la LMA rappelle que 40,4 milliards d’euros de crédits syndiqués levés en Europe continentale entre novembre 2017 et octobre 2018 provenaient de prêteurs britanniques, soit approximativement 10 % des volumes globaux. En France, c’est même le cas pour 13 % de l’enveloppe allouée sur la période. S’agissant des prêts syndiqués levés au Royaume-Uni, près de 30 % du total (32,2 milliards d’euros) étaient issus de banques non domestiques. Dans ce contexte, un Brexit dur aurait pour effet de réduire la liquidité sur l’ensemble des marchés nationaux, renchérissant ainsi mécaniquement les modalités de financement.