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Analyse AOF clôture France/Europe - Les bons indicateurs américains n'ont pas effacé les inquiétudes politiques

AOF - 30 septembre 2020


(AOF) - Séance des plus indécises ce mercredi pour les bourses européennes. L'ouverture en hausse de Wall Street et les bons indicateurs macroéconomiques américains, notamment les créations d'emplois dans le privée et les PMI de Chicago, n'auront pas suffit à effacer complètement la violente passe d'arme entre Donald Trump et Joe Biden. Face à la cacophonie politique ambiante et au résultat des plus incertains de la présidentielle américaine, les investisseurs ont préféré jouer la carte de la prudence. Ainsi le CAC 40 a reculé de 0,59% à 4 803,44 points, et l'EuroStoxx50 de 0,25% à 3 206,13 points.

Caesars Entertainment a finalement remporté la mise. Quelques jours après avoir confirmé l'existence de discussions avancées, le géant américain des casinos s'est mis d'accord avec William Hill (+1,44% à 278,15 pence) pour racheter ce dernier au prix de 272 pence par action en cash, valorisant le bookmaker britannique près de 2,9 milliards de livres sterling. "Le conseil d'administration de William Hill estime que c'est la meilleure option pour William Hill avec un prix attractif pour les actionnaires", a déclaré Roger Devlin, le président du groupe britannique.

En hausse de 0,55% à 18,42 euros, Veolia a perdu la tête du CAC 40, et est passé derrière Engie (+1,24% à 11,42 euros). Suez, de son côté, a bondi de 5,93% à 15,805 euros. Le marché salue la nouvelle offre du numéro un mondial de l'environnement sur la part d'Engie dans Suez. Antoine Frérot semble avoir répondu aux exigences d'Engie et de l'Etat. Sur le plan financier, l'ex-Générale des Eaux a relevé son prix de 15,5 à 18 euros, valorisant sa proie à 11,7 milliards d'euros, soit un bonus de 500 millions par rapport à l'offre de départ. Le consensus n'attendait pas une telle générosité. Suez a pourtant rejeté la nouvelle proposition, jugeant ses termes "floues" et contraires à ses intérêts comme à ceux de ses actionnaires.

Alstom a souffert aujourd'hui sur la place de Paris, où il a reculé de 3,56% à 42,52 euros, alors que son premier actionnaire, Bouygues (+1,16% à 29,62 euros), a cédé une partie de sa participation. Ainsi, le groupe de BTP, télécoms et médias a vendu 4,8% du capital du spécialiste du ferroviaire pour un montant qui devrait dépasser les 460 millions d'euros. L'objectif de Bouygues est ainsi de bénéficier d'une flexibilité financière accrue.


Les chiffres macroéconomiques du jour


En France, le taux d'inflation harmonisé préliminaire est ressorti à 0% en septembre, contre un consensus de 0,3% et un mois d'août de 0,2%. La consommation des ménages s'est retrouvé en hausse de 2,3% sur un mois, après -0,9% en juillet (révisé de +0,5%) et un consensus de -0,2%. 

En France, les dépenses de consommation des ménages en biens ont progressé de 2,3% en août 2020, après un recul de 0,9% en juillet. Elles dépassent nettement les attentes moyennes des économistes (-0,2%). L'Insee explique que cette hausse est portée par l'augmentation des achats alimentaires (+2,4 %) et surtout celle de la consommation en biens fabriqués (+3,6 %).

L'Allemagne comptait 8 000 chômeurs de moins en septembre. Le taux de chômage a, lui, reculé de 0,1 point à 6,3%.

Aux États-Unis, le secteur privé américain a créé 749 000 emplois au mois de septembre, selon ADP. Les économistes tablaient sur 650 000, après 481 000 en août (chiffre révisé de +428 000).

Aux États-Unis, les promesses de ventes de logements au mois d'août ont augmenté de 8,8% contre un consensus de 3,2% et après +5,9% en juillet.

Aux États-Unis, l'indice des directeurs d'achat (PMI) de la région de Chicago est ressorti à 62,4 en septembre 2020, bien supérieur au consensus de 52. En août, l'indice avait atteint 51,2.


Vers 17h45, l'euro perd 0,06% à 1,1735 dollar.