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APPLE : les 1000 milliards de capitalisation en péril en raison de perspectives décevantes

AOF - 02 novembre 2018

(AOF) - Apple a réservé une mauvaise surprise en dévoilant des perspectives décevantes pour le trimestre en cours, le plus important de l’année car il inclut les fêtes de fin d’année. En dépit de résultats meilleurs que prévu sur le trimestre précédent, la sanction est tombée : le titre Apple chute de 7% à 206,83 dollars, à l'approche de la mi-séance. La firme à la pomme affiche cependant toujours une capitalisation d’un peu plus de 1 000 milliards de dollars.

Sur le dernier trimestre 2018, qui est le premier trimestre de son exercice, le groupe fondé par Steve Jobs vise des revenus compris entre 89 et 93 milliards de dollars, soit une prévision moyenne inférieure au consensus Refinitiv s'élevant à 93,2 milliards.

Lors de la traditionnelle conférence téléphonique avec les analystes, le directeur financier, Luca Maestri, a justifié cette prévision décevante par les problèmes macroéconomiques de certains pays émergents, comme le Brésil et la Turquie, mais aussi par un impact négatif des changes de 2 milliards de dollars. Il a aussi pointé du doigt une sortie plus tardive des nouveaux iPhone l'année dernière, qui avaient dopé les ventes au cours du dernier trimestre calendaire.

JPMorgan rappelle cependant la prudence traditionnelle du management à propos de ses prévisions : il a atteint ou dépassé le haut de sa fourchette d'objectifs au cours de trois des quatre derniers trimestres.

Autre annonce ayant désagréablement surpris les investisseurs, le groupe technologique ne communiquera plus le nombre d'iPhone vendus. " Ce qui alimente les craintes qu'Apple a quelque chose à cacher ", fait remarquer Jefferies. JPMorgan regrette pour sa part qu'elle réduise la transparence sur les informations offerte aux investisseurs, sans remettre en cause leur optimisme vis-à-vis d'Apple.

" Il est bien compris par les investisseurs que la stratégie d'Apple avec l'iPhone consiste à stimuler la croissance du chiffre d'affaires grâce à l'augmentation du prix de vente moyen et à maximiser les opportunités de revenus sur la durée de vie d'un appareil grâce à des offres de services ", poursuit l'analyste.

Cette stratégie a permis à Apple d'afficher des résultats record et supérieurs aux attentes au quatrième trimestre, clos fin septembre. Apple a généré un bénéfice net en progression de 31,8% à 14,125 milliards de dollars, soit 2,91 dollars par action. Il a dépassé les anticipations de Wall Street s'élevant à 2,79 dollars. Le chiffre d'affaires a pour sa part progressé de 20% à 62,9 milliards de dollars, surpassant là aussi la prévision du marché de 61,50 milliards de dollars.

Les ventes en volumes d'iPhone se sont, elles, révélées un peu courtes : Apple en a écoulé 46,89 millions, un nombre stable et plus faible qu'attendu : 47,5 millions. Le groupe américain opère dans une industrie mature. Selon des données préliminaires du bureau d'études IHS Markit, le marché mondial des smartphones a reculé de 3,3% à 354,8 millions d'unités au troisième trimestre, entraînant un repli de 1% depuis le 1er janvier.

La progression de 28% du prix de vente moyen en un an à 793 dollars a permis au chiffre d'affaires généré par l'iPhone d'augmenter de 29% à 37,18 milliards de dollars. La stratégie de hausse des prix (iPhone XS, iPhone X…) a mieux fonctionné qu'anticipé : le prix de vente moyen est ressorti au-dessus des attentes : 750 dollars.

Si les iPhone représentent encore plus de la moitié des revenus d'Apple, l'activité de services, qui comprend en particulier l'App Store, iCloud et iTunes, est appelé à prendre le relais. Elle a vu ses ventes bondir de 17% pour atteindre le niveau record de 9,98 milliards de dollars. Le directeur financier a indiqué qu'il communiquerait sur la marge brute des services pour la première fois sur le trimestre en cours. " Cela pourrait être un catalyseur pour le titre, comme lorsqu'Amazon a divulgué pour la première fois la marge brute d'AWS, son activité cloud, en 2015 ", signale Jefferies.