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Avec TIFFANY, LVMH signe la plus grande opération de son histoire

AOF - 25 novembre 2019


(AOF) - LVMH gagne 2,3% à 405,30 euros pour occuper la première place du CAC 40. Les investisseurs saluent le rachat de Tiffany pour environ 14,7 milliards d'euros ou 16,2 milliards de dollars. Pour convaincre le joaillier américain, le numéro un mondial du luxe a relevé son offre initiale, présentée fin octobre, de 120 dollars à 135 dollars. Un effort financier d'1,7 milliard de dollars jugé raisonnable par les analystes compte tenu de la portée stratégique de l'opération, la plus importante de l'histoire de LVMH.

Si Tiffany sous-performe depuis plusieurs années le marché du luxe, le groupe connu pour ses alliances et ses bagues de fiançailles est un beau parti.

Célèbre dans le monde entier et magnifié dans le film Diamants sur canapé, de Blake Edwards, adaptation du roman de l'Américain Truman Capote, Tiffany a le statut rare et envié de marque "iconique".

Lui passer la bague au doigt permet à LVMH de se renforcer aux Etats-Unis, son deuxième marché, dans la joaillerie ou "hard luxury", l'un des segments les plus porteurs du luxe où il détient déjà Chomet et Bulgari.

Le groupe français pourra désormais bénéficier des liens de long terme tissés entre Tiffany et les mines de diamants tout en améliorant son exposition au marché du mariage.

Dans une note publiée ce matin, Jefferies salue cette opération dans un secteur du "hard luxury" où les cibles, à part Rolex et Patek Philippe, sont très rares.

Jefferies estime que la force de la marque Tiffany et l'image de sa boite bleue depuis 1837 sont plus précieuses que ne laissent penser ses performances financières actuelles. Selon le bureau d'études, LVMH pourra utiliser les atouts de Tiffany pour se déployer efficacement sur le marché des "millenials" en Asie. Pour lui, LVMH a ainsi saisi une belle opportunité en profitant de la faiblesse temporaire de Tiffany.

Les impacts sur le secteur devraient être contrastés, poursuit l’intermédiaire. L'opération est positive pour Kering, qui reste au-dessus de la mêlée en raison de son manque d'expérience dans ce secteur et qui aurait pu rencontrer des difficultés à y extraire de la valeur.

En revanche, la transaction apparaît négative pour Richemont et ses griffes Cartier et Van Cleef & Arpels, qui doit désormais affronter sur son terrain un concurrent solide, aux poches pleines et influent.