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BAYER empoisonné par le covid-19

AOF - 01 octobre 2020


(AOF) - Les difficultés semblent loin d'être terminées pour Bayer, qui perd aujourd'hui près de 10% à 47,99 euros. Le chimiste allemand, empêtré dans les procédures judiciaires liées au Round-up depuis le rachat en 2018 de Monsanto, et qui enchaîne les mauvais résultats depuis, subit lui aussi de plein fouet la crise du covid-19, notamment sa division Agriculture. A tel point qu'il prévoit désormais une croissance nulle des ventes en 2021, de lourdes charges de dépréciation, ainsi que d'éventuelles réductions d'effectifs supplémentaires.

En effet, les perspectives sont moins favorables que prévu sur le marché agricole, affirme Bayer, en raison de la faiblesse des prix des principales cultures, d'une concurrence intense dans le secteur du soja et d'une consommation réduite de biocarburants, auxquelles s'ajoutent des effets de change négatifs, en particulier du côté du real brésilien

Par conséquent, le groupe de Leverkusen s'attend l'année prochaine à une croissance et une génération de cash-flow inférieures aux prévisions. Ainsi, en plus de ventes inchangées, le bénéfice de base par action en 2021 devrait être légèrement inférieur aux niveaux de 2020 à taux de change constants.

Qui plus est, les perspectives moins favorables que prévu sur le marché agricole risquent d'entraîner des charges de dépréciation de l'ordre de 5 à 9 milliards d'euros ("mid-to-high single-digit billion-euro") dans le secteur de la phytologie (Crop Science).

Pour faire face à ces difficultés, le chimiste a annoncé la mise en place d'un plan d'économies supplémentaires de 1,5 milliard d'euros par an à partir de 2024, en plus des contributions annuelles aux revenus de 2,6 milliards d'euros à partir de 2022, qui ont été annoncées en novembre 2018.

Bayer n'exclut pas non plus de procéder à des cessions d'activités non-stratégiques ou de marques, ainsi qu'à de nouvelles réductions d'effectifs.

Malgré tout, le groupe précise que ces mesures d'économie ne pourront que partiellement compenser la faible croissance et la baisse des flux de trésorerie.