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Carlos Ghosn quittera le conseil d’administration de Renault en juin

AOF - 03 avril 2019

(AOF) - C’est désormais officiel. Carlos Ghosn quittera le conseil d’administration de Renault à la date de la prochaine Assemblée Générale des actionnaires, le 12 juin prochain. Le constructeur automobile est également revenu en fin d'après-midi sur les rumeurs polémiques du moment. Tout d’abord, le conseil constate, s’agissant du régime de retraite à prestations définies, que les conditions de départ de Carlos Ghosn ne correspondent à aucun des deux cas d’ouverture de ce régime et qu’aucune rente ne pourra lui être versée à ce titre.

Ensuite, Renault a fait le point sur les enquêtes qu'il mène en interne depuis novembre.

Ces vérifications ont permis de conclure à la conformité à la réglementation en vigueur de l'ensemble des éléments de rémunération et des avantages en nature versés par le groupe à l'ancien PDG et aux autres membres du Comité Exécutif au titre des exercices 2010 à 2018, à l'exception d'erreurs en cours de correction.

"En revanche, des dépenses engagées par Carlos Ghosn sont source de questionnements, en raison des pratiques contestables et dissimulées dont elles procèdent et des atteintes aux principes éthiques du groupe qu'elles impliquent, notamment dans la gestion des conflits d'intérêts et la protection des actifs du groupe", explique Renault.

"Outre les signalements à la justice déjà effectués au sujet de la contrepartie d'une valeur de 50 000 euros affectée au bénéfice personnel de Carlos Ghosn dans le cadre de la convention de mécénat signée avec le Château de Versailles et de versements effectués à un avocat", Renault indique avoir porté à la connaissance des autorités judiciaires françaises des éléments d'alerte relatifs à des versements effectués au profit de l'un des distributeurs de Renault au Moyen-Orient.

Le conseil d'administration a par ailleurs pris connaissance des conclusions intermédiaires de l'audit conjoint mis en œuvre avec Nissan et portant sur l'activité de leur filiale commune néerlandaise RNBV. Il en ressort d'ores et déjà deux séries de constatations.

D'une part, "l'organisation interne de RNBV fait ressortir de graves déficiences au plan de la transparence financière et des procédures de contrôle des dépenses", note Renault. Le conseil d'administration a demandé à la direction générale de se rapprocher de Nissan pour remédier conjointement à ces déficiences dans les meilleurs délais.

D'autre part, "des dépenses qui n'ont pas été précisément chiffrées, mais susceptibles de se monter à plusieurs millions d'euros depuis 2010, soulèvent de sérieux questionnements quant à leur conformité à l'intérêt social de RNBV", souligne le constructeur automobile.

In fine, le conseil d'administration a demandé aux vérificateurs d'achever leur travail et de livrer leurs conclusions finales dans les meilleurs délais.

Il a aussi demandé à la direction générale de Renault de se rapprocher de Nissan pour que les deux actionnaires engagent toutes les actions nécessaires à la préservation des intérêts de RNBV aux Pays-Bas.

Renault conclut en indiquant qu'il se réserve également le droit, lorsque des informations précises seront disponibles sur l'atteinte à ses intérêts, de saisir la justice française.