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CASINO pénalisé par une dégradation de Moody's

AOF - 03 avril 2019


(AOF) - Casino continue d'être pénalisé par sa dette. Plus forte baisse du SBF 120, l’action du distributeur a reculé de 3,04% à 39,27 euros en raison de la dégradation de sa note de crédit par Moody's. L'agence de notation a abaissé sa note de Ba1 à Ba3 et sa perspective est toujours négative. Selon Moody’s, Casino n'a jusqu'à présent pas été en mesure de résoudre les problèmes qui pèsent sur la qualité de son crédit, en particulier son endettement élevé.

"Les flux de trésorerie disponibles générés par les activités françaises de Casino sont restés bien en deçà des prévisions précédentes de Moody's, limitant la capacité de la société à réduire sa dette brute malgré des cessions d'actifs importantes", déclare Vincent Gusdorf, analyste principal pour Casino.

La dette brute est passée de 8,722 milliards d'euros à 9,027 milliards d'euros entre 2017 et 2018.

Moody's estime que le flux de trésorerie disponible après intérêts et dividendes et hors produits de cessions est négatif à hauteur de 703 millions euros en 2018 pour la France et le restera en 2019 et 2020.

Pour justifier sa décision, Vincent Gusdorf a également mis en avant l'endettement élevé de la maison-mère de Casino, Rallye, et l'affaiblissement de sa liquidité. Selon Moody's, elle pourrait se trouver à court de liquidité en 2020, à moins d'allonger la maturité de sa dette bancaire ou d'obtenir de nouvelles sources de financement.

Répliquant à l'abaissement de sa note, Casino précise, dans un communiqué, que Moody's fonde son analyse sur sa dette brute à fin 2018, qui ne prend en compte ni le plan de cession, ni la réduction à venir de la dette obligataire.

Le distributeur souligne qu'il reste concentré sur la réalisation des objectifs stratégiques et financiers annoncés pour 2019-2021. Il a d'ailleurs augmenté en mars dernier la cible de son plan de cession d'actifs d'1 milliard d'euros à au moins 2,5 milliards d'euros d'ici le 1er trimestre 2020. Il prévoit par ailleurs de générer, au-delà de ce plan de cession, un free cash-flow de 500 millions d'euros en France par an, lui permettant de couvrir ses dividendes et frais financiers.