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DANONE dans la tourmente

AOF - 16 octobre 2020

(AOF) - En repli de 3,44% à 53,33 euros, Danone a accusé la plus forte baisse du CAC 40, pénalisé par des rumeurs de fortes tensions entre le PDG, Emmanuel Faber, et la directrice financière, Cécile Cabanis. Cette dernière serait d'ailleurs sur le point de quitter le groupe agroalimentaire. Selon le magazine Challenges, l'organisation historique de Danone autour de quatre grands métiers (les produits laitiers frais et d'origine végétale, les eaux, la nutrition infantile et la nutrition médicale) devrait laisser la place à des filiales géographiques.

"Cette transformation profonde, qui se calque sur le modèle des multinationales comme Nestlé, aurait pu conduire au partage de la présidence et de la direction générale entre le numéro un et deux de l'entreprise. Mais Emmanuel Faber n'a pas voulu céder une once de son pouvoir. Et Cécile Cabanis a tiré sa révérence", écrit le magazine.

Un porte-parole du groupe a refusé de confirmer les informations sur un départ de la directrice financière. En revanche, Danone a bien confirmé travailler sur un plan d'adaptation de l'entreprise à son nouvel environnement et aux nouveaux défis du secteur.

L'enjeu est de taille comme en témoigne la note acerbe publiée hier par Jefferies dans la perspective des résultats trimestriels dévoilés le 20 octobre.

Le broker souligne que la confiance des investisseurs vis-à-vis du groupe s'est effondrée, couronnant 20 ans de sous-performance. L'embellie de 2019 s'est évaporée et les résultats du troisième trimestre pourraient être bien ternes.

Le bureau d'études juge la situation ironique. Une entreprise dont la santé et le bien-être sont au coeur de son activité se montre incapable de se développer.

Jefferies souligne que le remède anglo-saxon à une telle sous-performance serait le rachat par un autre groupe plus capable, comme Nestlé. Mais il ne s'agit pas d'une société anglo-saxonne, semble regretter le courtier. De plus, l'adoption récente du statut d'Entreprise à Mission par Danone rend une OPA hostile plus difficile encore à envisager politiquement qu'auparavant.

Aussi, conclut l'analyste, le seul point positif du dossier est qu'Emmanuel Faber a pris la mesure des défis et promis de les relever personnellement. Affaire à suivre...