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DEUTSCHE BANK/COMMERZBANK: le gouvernement allemand confirme l'existence de discussions

AOF - 12 mars 2019


(AOF) - Fini les rumeurs et les informations de presse, les discussions entre Deutsche Bank et Commerzbank en vue d’une fusion ont été confirmées par Berlin. En Bourse, Deutsche Bank a perdu 2,17% à 7,885 euros et Commerzbank, 1,73% à 6,981 euros après avoir gagné hier respectivement 5% et 7%, le Welt am Sontag ayant révélé l’existence de ces discussions ce week-end.

Interrogé à ce sujet, le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a confirmé l'existence de discussions. Contactée par AOF, Deutsche Bank n'a pas souhaité faire de commentaires.

En se rapprochant, Deutsche Bank et Commerzbank souhaitent accélérer leur redressement ; les deux établissements ne s'étant jamais remis de la crise financière et affichent des rentabilités parmi les plus faibles du secteur en Europe.

Deutsche Bank a enregistré en 2018 un résultat net annuel positif pour la première fois depuis 2014, mais affiche des coûts toujours trop élevés et n'a pas encore retrouvé le chemin de la croissance. La première banque est en particulier pénalisée par la contreperformance de sa banque d'investissement, dont le poids est jugé trop important par les analystes. Recapitalisée en 2008 par l'Etat, qui possède toujours 15,6% du capital, Commerzbank est sortie du Dax en septembre dernier en raison de la faible rentabilité de ses capitaux (3,4% en 2018).

Le nouvel ensemble afficherait une capitalisation de 25 milliards d'euros, soit moins de la moitié de celle de la première banque française, BNP Paribas, 54 milliards.

Rebondissant sur cette actualité, UBS rappelle qu'une augmentation significative des fusions et acquisitions était est l'une de ses prévisions pour le secteur en 2019, des éléments cycliques et structurels pesant sur la rentabilité. Parmi ceux-ci, l'analyste cite les exigences plus élevées en matière de capital, les importants investissements informatiques, l'environnement réglementaire plus couteux et la faiblesse des taux d'intérêt. A propos de ce dernier point, il juge que les opérations de fusion sont rendues plus urgentes par le récent assouplissement de la politique monétaire de la BCE.