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EDF coupe définitivement les câbles avec les Etats-Unis

AOF - 20 novembre 2019


(AOF) - Les Etats-Unis, c'est fini pour EDF. L’électricien public a décidé d'exercer auprès de l'américain Exelon l'option de vente de sa participation de 49,99% des actions Constellation Energy Nuclear Group. CENG détient cinq réacteurs d'énergie nucléaire, répartis sur trois sites d'activité dans les états de New York et du Maryland pour une capacité totale de 4 041 MW. Cette option de vente est exerçable par EDF entre le 1er janvier 2016 et le 30 juin 2022. Le fruit de cette vente n'est pas encore connu, mais devrait réduire un peu la dette colossale de plus de 33 milliards d'euros du groupe.

Le prix de cession des titres CENG résultera en effet de la détermination de leur juste valeur en application des stipulations contractuelles relatives à l'option de vente.

EDF avait hérité de cette part de 49,99% dans CENG à l'occasion de la fusion en 2011 entre Constellation, dont il était actionnaire, et Exelon.

Une fusion qui avait pris de court le PDG d'EDF de l'époque, Henri Proglio.

En janvier 2012, EDF avait finalement décidé de ne pas s'opposer au rapprochement entre Exelon et Constellation après avoir trouvé un accord permettant de garantir l'indépendance opérationnelle de CENG, la filiale qui porte les projets de construction de centrales nucléaires.

Dans une note publiée ce matin, Société Générale est revenue, elle, sur les perspectives d'EDF alors que des échéances cruciales approchent.

Le broker observe que le titre a sous-performé le secteur de 45% depuis le début de l'année, mais seulement en partie à cause de déboires opérationnels. Les deux thèmes clefs du scénario d'investissement du bureau d'études : une nouvelle régulation nucléaire et la réorganisation du groupe demeurent intacts, et ce même si le calendrier a été retardé de quelques mois.

L'analyste continue de voir une valeur significative dans le titre et clairement des atouts pour EDF "vert" (entité organisée autour de la distribution et des énergies renouvelables) si ces deux thèmes venaient à se matérialiser.

Selon lui, le principal risque pesant sur ce scénario est le refus de l'Union européenne à ces deux projets interdépendants. A cet égard, la période de discussions entre la France et l'Europe rentre dans une période critique, souligne-t-il.

Dans ce cadre, Société Générale a réduit son objectif de cours sur EDF de 17 à 13,5 euros tout en réitérant sa recommandation d'Achat.

Une prudence qui pèse sur le cours du titre et relègue au second plan le désinvestissement aux Etats-Unis. Le titre a cédé 0,09% à 9,246 euros.