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EDF poursuit sa reconquête

AOF - 17 décembre 2020

(AOF) - EDF a progressé de 1,97% à 12,67 euros, portant à près de 44% ses gains au cours des trois derniers mois. L'électricien public est soutenu par deux moteurs puissants : la réforme attendue de la fixation des prix de l'électricité nucléaire et une probable réorganisation de grande ampleur. Aujourd'hui, le titre bénéficie d'un, ou plutôt, deux coups de pouce supplémentaires qui éclipsent l'impact négatif de la grève contre le projet de réorganisation (le fameux plan Hercule) sur sa production. Hier soir, dans un communiqué lapidaire, EDF a revu à la hausse son objectif d'Ebitda 2020.

Le groupe prévoit désormais un Ebitda égal ou légèrement supérieur à 16 milliards d'euros. Le mois dernier, EDF avait maintenu son estimation d'Ebitda comprise entre 15,2 et 15,7 milliards, en ligne. De plus, la production d'origine nucléaire en France pour l'année 2020 est attendue proche de 335TWh. Le groupe avait relevé le mois dernier sa prévision à 325-335TWh.

Jefferies a confirmé sa recommandation d'Achat et son objectif de cours de 14 euros sur EDF dans le sillage de cette annonce.

Le broker observe que cet objectif ressort 2,4% au dessus du consensus FactSet qui se monte à 15,6 milliards. Il s'établit 3,2% au dessus du consensus de la société (15,5 milliards). Le courtier vise, lui, 15,7 milliards. Selon ce dernier, cette révision à la hausse pourrait conduire le consensus à relever de 15% sa prévision de bénéfice net ajusté 2020. Le consensus est actuellement de 1,6 milliard. Jefferies vise 1,7 milliard.

Le deuxième coup de pouce est plus fortuit. A l'occasion d'un communiqué réaffirmant leur opposition au projet Hercule qui s'apparente, selon eux, à un démantèlement larvé du groupe, les six administrateurs salariés d'EDF représentant la CGT, FO, la CFDT et la CFE-CGC, ont révélé au grand public que leur groupe envisageait une reprise du paiement des dividendes en cash en 2022.

L'Etat français, qui détient aujourd'hui 83,7% du capital d'EDF, avait ces dernières années choisit de payer des dividende en titres afin de préserver la trésorerie de l'entreprise.