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FACEBOOK se met d'accord avec le fisc français

AOF - 24 août 2020


(AOF) - Facebook est bien orienté au Nasdaq ce lundi, gagnant 1,12% à 270,10 dollars l'action. Selon des révélations du magazine Capital sur son site Internet, le réseau social a accepté de payer quelque 106 millions d'euros au fisc français pour ses revenus générés de 2009 à 2018, dont 22 millions d'euros de pénalités. Des informations confirmées à plusieurs sources par un porte-parole de Facebook France, sans toutefois donner plus de détails sur le redressement fiscal en question.

Facebook est depuis plusieurs années au centre d'un bras de fer entre Washington et Paris concernant la taxation des GAFAM. Ceux-ci sont en effet accusés d'éviter le fisc des différents pays européens où ils opèrent en déclarant leurs revenus générés en Europe dans des juridictions à la fiscalité plus souple, tels que l'Irlande. Le conflit est actuellement arbitré au niveau niveau de l'OCDE.

Selon Reuters, le chiffre d'affaires du réseau social en France a "pratiquement doublé en 2019 pour atteindre 747 millions d'euros", augmentant ainsi de fait le montant de l'imposition.

"Depuis 2018, nous avons changé notre structure de vente afin que les revenus issus des annonceurs accompagnés par nos équipes en France soient enregistrés dans ce pays", a ainsi expliqué un représentant de Facebook France à Capital.

Le magazine économique estime pour sa part que Facebook a généré en 2019 en France un chiffre d'affaires d'1,3 milliard d'euros et un bénéfice avant impôts de 500 millions d'euros, ce qui aurait donc dû le conduire à payer 150 millions d'euros d'impôts sur les bénéfices.

La filiale française de Facebook aurait donc, du fait de ces arriérés fiscaux, enregistré une perte de 88 millions d'euros en 2019, avec des capitaux propres de 70 millions d'euros.

La firme californienne est également l'objet d'un boycott de la part de nombreux annonceurs aux Etats-Unis, parmi lesquels Verizon, Ford ou encore Unilever, en raison de sa politique sur les contenus haineux. Cela n'a toutefois pas empêché l'action de grimper de plus de 30% depuis le début de l'année.