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La valeur du jour à Paris - CARREFOUR : les discussions avec Couche-Tard mettent en exergue sa sous-valorisation

AOF - 13 janvier 2021


(AOF) - Réveil en fanfare pour l'action Carrefour (+13,87% à 17,61 euros), qui se place depuis ce matin loin devant les autres valeurs de l’indice CAC 40 grâce à l’annonce de discussions en vue d’un rapprochement avec le groupe canadien d’alimentation Couche-Tard. Le titre du distributeur français retrouve ses niveaux du premier trimestre 2019, entraînant dans son sillage son concurrent Casino (+3,89% à 28,60 euros). Une des conséquences de ce développement est de mettre en exergue la faible valorisation de Carrefour.

UBS souligne qu'il est valorisé 5 fois son Ebitda contre une moyenne de 6,5 pour le secteur en Europe. Couche-Tard est valorisé 8,7 fois son Ebitda.

Réagissant à une information de Bloomberg, le distributeur français a confirmé, dans un bref communiqué avoir été " approché, dans une démarche amicale, par le groupe Alimentation Couche-Tard pour un projet de rapprochement ". " Les discussions sont très préliminaires " a-t-il ajouté.

Couche-Tard est inconnu en France, mais est bien plus gros que Carrefour en Bourse où il est valorisé 46 milliards de dollars canadiens (29,6 milliards d'euros) à la Bourse de Toronto, contre 12,64 milliards d'euros pour le Français. S'il affiche une taille inférieure, il est en revanche un peu plus rentable. Il possède plus de 14 200 magasins dans le monde, principalement des supérettes opérant fréquemment des stations services.

Sur le dernier exercice, Couche-Tard a réalisé un chiffre d'affaires, 54 milliards de dollars (44,3 milliards d'euros) contre 80,7 milliards d'euros pour Carrefour. Sur cette même période, son Ebitda a atteint 4,5 milliards de dollars (3,7 milliards d'euros) contre 3,485 milliards d'euros pour le distributeur français.

Couche-Tard a déjà fait montre de son appétit pour des acquisitions de taille importante en s'intéressant aux 3 900 magasins de proximité mis en vente par Marathon Petroleum pour 21 milliards de dollars, rappelle Citi.

Réagissant à cette annonce, Invest Securities juge qu'il est très difficile de présager de l'issue de ces pourparlers, qui dans l'immédiat n'impliquent pas le dépôt d'une offre par le canadien sur groupe Carrefour. Mais pour l'analyste, la spéculation devrait toutefois porter l'action du groupe français. Ce qui se constate ce matin.

Pour sa part, Kepler Cheuvreux met trois points en avant : les synergies limitées étant donné la différence d'implantation géographique et de formats ; le fait que son PDG, Alexandre Bompard soit un deal-maker et la valorisation faible de Carrefour, ce qui rend le distributeur attractif.

UBS explique qu'une prime de 25 % ferait passer la valorisation de Carrefour à 5,6 fois son Ebitda, ce qui n'est pas très différent des 5,8 offerts par Sainsbury's pour ASDA en 2018 ou de l'offre du fonds d'investissement TSR sur ce dernier plus récemment. " Cela pourrait également ouvrir la porte à des discussions avec d'autres parties. Cette nouvelle mettra également en évidence la valorisation relativement faible du secteur et la forte génération de liquidités " , ajoute l'analyste.