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La valeur du jour à Paris EDF : très cher Hinkley Point

AOF - 25 septembre 2019


(AOF) - EDF chute de plus de 6% à 10,3 euros, proche de son plus bas annuel. Les investisseurs sanctionnent l'annonce d'un nouveau déboire. Après les problèmes de maintenance à la centrale nucléaire de Flamanville, de soudure sur certaines centrales françaises, l’électricien prévient que son projet de centrale nucléaire d'Hinkley Point C, en Grande-Bretagne, va couter encore plus cher que prévu. Les coûts sont désormais estimés entre 21,5 et 22,5 milliards de livres (entre 24,2 et 25,3 milliards d'euros), soit une augmentation comprise entre 1,9 et 2,9 milliards de livres.

Selon EDF, ces surcoûts résultent essentiellement des conditions de sol difficiles qui ont rendu les travaux de terrassement plus coûteux que prévu.

Le groupe cite également la révision des objectifs des plans d'actions opérationnels et des "coûts supplémentaires liés à la mise en oeuvre du design fonctionnel d'une tête de série adaptée au contexte réglementaire britannique".

L'amplitude de la fourchette sera fonction de la réussite des plans d'actions opérationnels à mener en partenariat avec les fournisseurs, a souligné EDF.

Autre mauvaise nouvelle pour le groupe. La facture est pour sa poche. En effet, conformément au contrat conclu en septembre 2016 avec le Royaume-Uni, cette nouvelle estimation des coûts à terminaison n'aura d'impact financier ni pour les consommateurs ni pour les contribuables Britanniques.

Ce n'est pas la première fois qu'EDF est contraint de relever le coût de la centrale nucléaire britannique. En juillet 2017, le groupe avait déjà relevé le montant de la facture de 1,8 milliard d'euros, portant le coût à 22,4 milliards, soit une hausse de 8% par rapport au devis initial. En ajoutant la note de ce matin, le devis affiche désormais un bond de 23%.

En tout cas, cette nouvelle déconvenue renforce la conviction de la majorité des syndicats d'EDF. A l'époque de la signature, ils s'étaient fermement opposés au projet estimant qu'il mettait en péril l'avenir même de l'entreprise, fragilisée par une dette importante et la baisse des prix de l’électricité.