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La valeur du jour à Paris ENGIE devra trancher

AOF - 01 septembre 2020


(AOF) - Engie progresse de 1,07% à 11,78 euros après avoir gagné 4,67% hier. Des trois protagonistes du grand dossier de la rentrée (le projet de rachat de Suez par Veolia), l'ex-GDF Suez est sans doute celui qui a le moins à perdre. Soit il accepte le pactole de 2,9 milliards d'euros de Veolia en échange de l'essentiel de sa participation dans Suez, soit non. Dans ce dernier cas, il pourra se targuer de détenir un actif attractif et à potentiel. En effet, certains observateurs jugent le prix de 15,5 euros par action Suez opportuniste à la fin d'une pandémie qui a pesé sur les marchés.

Surtout, ils estiment que ce prix ne reflète pas l'impact positif supposé du plan Suez 2030. Si tel est le cas, Engie pourrait patienter quelques années et revendre sa participation à un bien meilleur prix.

La sous-valorisation de Suez est naturellement l'un des angles d'attaque saisi par le conseil d'administration du numéro deux mondial de l'environnement.

Cependant, ce n'est pas le seul. Comme c'est souvent le cas dans ce type de batailles, Veolia a la capacité financière de relever de quelques euros son offre de façon à faire taire les critiques.

Ainsi, Suez, a rejeté hier soir le projet de Veolia en opposant également sa volonté d'indépendance.

Pour le groupe "la stratégie proposée engendrerait des disynergies et des pertes d'opportunité en France et à l'international". En outre, "la complexité du processus retenu conduirait à deux années de perturbations opérationnelles au moment où, dans le contexte post-Covid, les équipes sont focalisées sur la mise en œuvre de leur plan stratégique".

A première vue, les conséquences, mêmes négatives, de l'opération ne concernent pas vraiment Engie. Fort de ses 2,9 milliards, le groupe de Jean-Pierre Clamadieu pourrait se concentrer sur les énergies renouvelables et les infrastructures gazières, son nouveau credo.

Mais la situation n'est pas si simple. L'Etat, toujours premier actionnaire d'Engie avec 24% du capital, n'a pas intérêt à ce que ce rapprochement censé donner naissance à un "leader incontesté" du secteur ne se traduise par un affaiblissement potentiel d'un groupe emblématique et surtout, par de la casse sociale chez la nouvelle entité.

Pour obtenir un "oui" d'Engie, Veolia devra convaincre son conseil d'administration mais aussi l'Elysée du bien fondé d'une offensive qui fera disparaître un autre champion français, ex-Lyonnaise des eaux, au nom de la mondialisation du marché de l'eau et des déchets.