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La valeur du jour à Paris Le luxe frappé par l'épidémie de coronavirus en Chine

AOF - 21 janvier 2020


(AOF) - Kering chute de 4% à 575 euros, LVMH abandonne 2,8% et Hermès de 2,3%. Le luxe, qui avait résisté au Brexit, à la guerre commerciale, au ralentissement mondiale et même aux troubles à Hong Kong, pourrait souffrir devant l'épidémie de coronavirus apparue à Wuhan, dans le centre de la Chine. Ce virus, qui s'attrape par voie orale, apparait fortement anxiogène et pourrait conduire les Chinois à limiter leurs déplacements et leur consommation. L'épidémie tombe d'autant plus mal qu'elle survient à la veille du Nouvel An Chinois, où 600 millions de Chinois s'apprête, en théorie, à voyager.

Interrogé par AOF, Frédéric Rozier, responsable Gestion de Portefeuilles, Mirabaud France, redoutait depuis quelques jours le repli du luxe dans le sillage de l'épidémie.

Le gérant rappelle l'impact majeur de l'épidémie de grippe H5N1 en Asie en 2002/2003. A l'époque, le virus avait touché environ 8 000 personnes et provoqué le décès de 800.

La croissance organique des groupes de luxe avait été nettement affectée. Celle de LVMH était passée de +6% au premier trimestre 2003 à -4% au deuxième trimestre. Celle d'Hermès était passée de +5% à +1%. De plus par rapport à aujourd'hui, le poids de l'Asie dans le secteur était bien mois fort.

En tout état de cause souligne Frédéric Rozier, les valorisations avaient chuté en moyenne de 25% entre le début de la crise, en décembre 2002 et son apogée, en mars 2003.

"Compte tenu des valorisations actuelles du secteur, cette nouvelle épidémie représente un bon prétexte pour prendre ses bénéfices", estime le gérant.

D'autant que, selon lui, il est clair que si l'épidémie se propage aux zones les plus peuplés de Chine continentale, les autorités n'auront d'autre choix que de limiter les déplacements, ce qui aura un impact fort sur les ventes de produits de luxe.

Aujourd'hui, la Chine continentale pèse environ 35% des ventes de Swatch, 15% de celles de Gucci,18 % de celles d'Hermès et 16% celles de LVMH.

"Pour autant, le secteur s'était ensuite rattrapé avec un rebond de 6% de la croissance organique de LVMH au troisième trimestre 2003 et de 9% pour Hermès", tempère Frédéric Rozier.