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La valeur du jour à Paris TECHNIPFMC en hausse après l'annonce d'une scission

AOF - 27 août 2019


(AOF) - L'amour dure trois ans... à peine. Le mariage célébré en 2017 entre le français Technip et l'américain FMC se solde par un divorce. Le groupe parapétrolier basé à Londres, mais dirigé de Houston, a annoncé hier soir sa scission en deux entités cotées et indépendantes : l'une dédiée à la fourniture de services et de technologies, l'autre à l'ingénierie et à la construction de sites pétrochimiques et gaziers comme le site gazier de Yamal en Russie. L'opération devrait être finalisée l'an prochain. Les investisseurs saluent la manœuvre : TechnipFMC gagne 5,18% à 22,14 euros à Paris.

La première entité a été provisoirement baptisée RemainCo, un fournisseur de services et de technologies dédiés à l'extraction pétrolière. Elle est principalement constituée des divisions Subsea et Technologies de Surface. Immatriculée à Londres et dirigée depuis Houston par Doug Pferdehirt, l'actuel PDG de TechnipFMC, la branche emploiera environ 22 000 salariés.

Les titres seront cotés à New-York et Paris. Son chiffre d'affaires devrait atteindre 7 milliards de dollars cette année et son carnet de commandes s'élevait, au 30 juin, à 10 milliards de dollars.

La seconde entité, SpinCo, est positionnée sur le métier de l'ingénierie et de la construction (Engineering & Construction, "E&C") notamment sur les métiers du GNL et du Downstream (raffinage/pétrochimie). Cette société devrait reprendre principalement la branche Onshore/Offshore. Elle sera dirigée par la Française Catherine MacGregor, actuellement présidente de New Ventures (nouveaux projets) du parapétrolier.

Cotée uniquement à Paris, SpinCo, constituée d'environ 15 000 salariés, sera une société hollandaise mais sera dotée d'un siège en France. Elle devrait réaliser cette année un chiffre d'affaires de 6 milliards de dollars et détenait au 30 juin un carnet de commandes de 19 milliards.

Selon le groupe parapétrolier, cette opération devrait permettre aux deux sociétés de se recentrer sur des stratégies différenciées et d'apporter davantage de flexibilité et d'opportunités de croissance.

Dans une note publiée ce matin, Oddo BHF estime que ce projet fait sens d'un point de vue industriel. Le broker rappelle que l'une des finalités du rapprochement Technip et FMC était de permettre au nouvel ensemble d'offrir des solutions encore plus intégrées, ce qui a fonctionné en Subsea.

D'un point de vue boursier par contre, le groupe, à l'image de son secteur, a souffert avec une performance de -39% depuis sa première cotation.

Le bureau d'études a maintenu sa recommandation Alléger et son objectif de cours de 22,9 euros en raison d'un couple rendement/risque peu attractif. Il évalue en effet le potentiel moyen de hausse post opération autour de 5 à 6%.

Le projet de scission donne en tout cas naissance à un acteur français de premier plan dans l'Onshore/Offshore, trois ans après une fusion "entre égaux" qui s'est rapidement transformée en une prise du contrôle du français par l'américain au chiffre d'affaires pourtant deux fois inférieur.

Toutefois, force est de constater que l'entité française scindée ressortira plus petite qu'avant la fusion.