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La valeur du jour à Paris Tiffany : LVMH s'invite au breakfast

AOF - 28 octobre 2019


(AOF) - LVMH passe à l'offensive dans la joaillerie. Huit ans après le rachat de Bulgarie, le géant du luxe entend s'offrir l'américain Tiffany pour 120 dollars par action en cash ce qui valoriserait sa cible à 14,5 milliards de dollars, soit 22 % de plus que sa capitalisation boursière. Pas assez cependant pour Tiffany qui serait en train de faire monter les enchères. Compte tenu des perspectives de croissance des bénéfices du joailler, UBS estime qu'une offre comprise entre 140 et 160 dollars serait justifiée. En conséquence, LVMH, qui gagnait 1 % à l'ouverture, est désormais stable à 384 euros.

En s'offrant Tiffany, LVMH signerait la plus importante acquisition de son histoire, et le groupe de Bernard Arnault en a largement les moyens.

Dans une note publiée ce matin, Jefferies rappelle que son free cash flow, ou flux de trésorerie disponible, atteignait 5,5 milliards d'euros l'an dernier pour une dette nette de 5 milliards. UBS de son côté, estime la puissance de feu du numéro un mondial du luxe à plus de 40 milliards d'euros. Dans ce secteur, l'argent n'est décidément pas un problème.

Pour autant, ce n'est pas une raison pour le gaspiller... ce qui serait loin d'être le cas dans ce dossier.

En s'offrant Tiffany, LVMH doublerait potentiellement la taille et la rentabilité de sa branche Montres & Joaillerie. Surtout assure Jefferies, le "deal" fait sens.

En effet explique-t-il, les plus grands groupes sont potentiellement des prédateurs dans un marché dont la croissance tend à se normaliser aux alentours de 6 % et où le nombre de proies est limité.

Ce constat est d'autant plus vrai dans un segment Montres & Joaillerie dominé par Rolex et Patek. Selon Jefferies, le marché de la joaillerie offre un potentiel de croissance significatif mais compte peu d'acteurs.

Or, poursuit l'analyste, Tiffany constitue la principale cible et la seule marque américaine à rayonner au niveau mondial.

En s'offrant une marque iconique comme Tiffany, LVMH renforcerait son exposition à la catégorie mariage et diamants, renchérit UBS, qui comme Jefferies, ne doute pas de la capacité du groupe français à rentabiliser au plus vite son éventuel investissement.

Une telle opération aurait sans nul doute des conséquences sur le secteur. Elle pourrait éloigner les scénarios d'une offre de LVMH sur Chanel, voire sur Richemont. Selon Jefferies, il s'agirait du mauvaise nouvelle pour le groupe suisse qui devra affronter le leader mondial sur son propre terrain.