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La valeur du jour à Paris Trump s'attaque au luxe français

AOF - 03 décembre 2019


(AOF) - Hermès (-2,8%), Kering (-1,9%) et LVMH (-1,8%) figurent parmi les principales baisses de l’indice CAC 40 alors que Washington menace d'instaurer 2,4 milliards de dollars de droits de douane sur des produits français en représailles de la taxe française sur les services numériques. Selon l’enquête du Bureau du représentant américain au commerce, elle serait discriminatoire vis-à-vis des sociétés numériques américaines, telles que Google, Apple, Facebook et Amazon.

Elle serait en outre incompatible avec les principes fiscaux en vigueur en raison de sa rétroactivité, de son application aux revenus plutôt qu'aux profits, de son application extraterritoriale et de son objectif de pénaliser des sociétés de technologie américaines.

Le Champagne, les sacs à main, les fromages, les porcelaines et des produits de beauté seraient notamment dans le viseur des autorités américaines. Le Bureau du représentant américain au commerce cite 63 produits qui pourraient être taxés à 100%.

Bruno Le Maire a immédiatement réagi à l'offensive américaine. La jugeant  "inacceptable", le ministre français de l'Economie a menacé les Etats-Unis de représailles européennes tout en mettant en garde contre les conséquences économiques d'un tel engrenage.

Il s'agit bien sûr d'une mauvaise nouvelle pour le secteur, les Etats-Unis étant le deuxième marché du luxe derrière l'Asie.

" S'il devait y avoir une guerre commerciale sur nos produits, on serait très affectés ", avait reconnu récemment Bernard Arnault, le PDG de LVMH, cité par Le Monde.

Pour autant, les multinationales françaises ont anticipé depuis plusieurs mois la décision américaine. Fin octobre, l'administration américaine avait annoncé des droits de douane sur 7,5 milliards de dollars d'importations de l'Union européenne, le couperet est tombé. Contre toute attente, Washington s'était montré clément. D'abord au niveau du tarif : la taxe a été fixé à 25% et non 100%, le scénario noir des analystes comme Jefferies.

Surtout, l'administration Trump avait épargné le cognac, les liqueurs, le scotch whisky, le champagne et la maroquinerie.

Pernod Ricard avait rappelé à l'époque que l'administration Trump pouvait à tout moment élargir la liste, et/ou relever le taux des produits concernés. C'est la raison pour laquelle le numéro deux mondial des vins et spiritueux s'est fixé des objectifs annuels jugés prudents.

Sans nul doute, la direction financière de LVMH, comme celles de Kering et Hermès, ont intégré, elles aussi, dans leurs prévisions une possible aggravation de la guerre commerciale entre l'Europe et les Etats-Unis. Aussi, le consensus sur le secteur ne devrait pas évoluer significativement à la baisse dans les prochains jours.