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La valeur du jour à Wall Street - ALPHABET : la Justice américaine se met à l'heure de Bruxelles

AOF - 20 octobre 2020


(AOF) - Le ministère américain de la Justice a déposé mardi une plainte antitrust alléguant que Google s'est livré à un comportement anticoncurrentiel pour préserver ses monopoles en matière de recherche et de publicité liée aux recherches. En Bourse, l’action de sa maison-mère, Alphabet, échappe de peu à la baisse : - 0,13% à 1 5325,64 points. Un tel assaut juridique contre le géant Internet était attendu depuis déjà bien longtemps. D'autant plus que les géants de la Silicon Valley ne sont pas en odeur de sainteté auprès de l'administration en place.

Le ministère allègue que Google maintient son statut de gardien d'Internet par le biais d'un réseau illégal d'accords commerciaux d'exclusion et de verrouillage qui excluent les concurrents. La firme américaine détient une part de marché de près de 90% dans la recherche sur Internet aux Etats-Unis.

Il lui reproche de conclure des accords d'exclusivité qui interdisent la préinstallation de tout service de recherche concurrent et de rendre impossible la suppression de son application de recherche même si les consommateurs le souhaitent.

La justice américaine l'accuse aussi d'avoir conclu des accords à long terme avec Apple exigeant que Google soit le moteur de recherche par défaut - et de facto exclusif - sur le populaire navigateur Safari d'Apple et d'autres outils de recherche Apple.

Dernière mise en cause, le groupe aurait utiliser les profits générés par son monopole pour acheter un traitement préférentiel pour son moteur de recherche sur les appareils, les navigateurs web et autres points d'accès de recherche, créant ainsi un cycle continu et auto-renforçant de monopolisation.

Alphabet a réfuté ces accusations : " Les gens utilisent Google parce qu'ils le souhaitent, et non parce qu'ils y sont contraints ou parce qu'ils ne peuvent pas trouver d'autres solutions " .

En mars 2019, Google s'était vu infliger pour la troisième fois depuis juin 2017 une lourde amende de la part de la Commission européenne. La célèbre firme Internet avait été condamnée à payer 1,49 milliard d'euros en raison de ses pratiques anticoncurrentielles dans le courtage publicitaire lié aux recherches en ligne.