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La valeur du jour à Wall Street BOEING: le 737 MAX revole aux Etats-Unis, les procédures d'homologation de la FAA renfocées

AOF - 29 décembre 2020


(AOF) - Ce mardi est un jour important pour Boeing (+0,87% à 218,13 dollars) : son avion vedette, le 737 MAX, reprend enfin du service aux Etats-Unis grâce à American Airlines, qui effectue aujourd'hui le premier vol commercial de l'appareil depuis près de deux ans, entre Miami et New York. Ce dernier était cloué au sol depuis mars 2019, suite à deux crashes en cinq mois qui ont causé la mort de près de 350 personnes. Après 20 mois d'investigation, de mise au point et d'essais, la FAA, le régulateur américain de l’aéronautique, a donné son feu vert en novembre au 737 MAX pour qu'il reprenne son envol.

American Airlines n'est pas la première compagnie à réutiliser cet avion pour un vol commercial: en effet, la compagnie brésilienne Gol Linhas Aereas Inteligentes (GOL) le refait voler depuis le 9 décembre dernier, de même que le mexicain Grupo Aeromexico. United Airlines devrait en faire autant dès le mois prochain, et Southwest Airlines, au second trimestre 2021.

De plus, Alaska Air a annoncé la semaine passée vouloir commander jusqu'à 120 appareils de type 737 MAX pour remplacer sa flotte d'Airbus.

Cela ne sonne pas pour autant la fin des problèmes pour Boeing, alors que l'année 2020 a été calamiteuse pour le secteur aéronautique. Ni que son avion est désormais parfaitement sûr. Preuve en est la mésaventure, le 22 décembre, d'un 737 MAX d'Air Canada, reliant l'Arizona à Montréal: au cours d'un "vol de positionnement" non commercial, l'avion a été forcé d'atterrir à Tucson, peu après le décollage, en raison de l'arrêt d'un réacteur.

Les différents dysfonctionnements du Boeing, qui ont mené aux deux catastrophes de la Lion Air et d'Ethiopian Airlines, ont suscité l'interrogation et les doutes sur les procédures d'homologation de la FAA, mais aussi la rétention d'informations de la part de Boeing concernant la sécurité et la fiabilité de ses appareils.

Au cours d'une enquête dont les résultats ont été publiés en août dernier, la FAA a notamment révélé que certains employés se sont dits victimes de "fortes" pressions externes de la part du secteur aéronautique. Ils ont également alerté sur le fait la sécurité n'était pas toujours la priorité de l'agence fédérale.

Mi-décembre, un rapport du Sénat américain sur la nouvelle certification de vol du 737 MAX fustigeait les responsables de Boeing, affirmant qu'ils avaient "préparé de manière inappropriée" les pilotes d'essai avant de passer les tests afin d'obtenir cette nouvelle certification. Le rapport ajoute que la FAA et Boeing auraient " tenté de dissimuler des informations importantes qui auraient pu contribuer aux tragédies du 737 MAX".

Suite auxdites tragédies, le Congrès a promulgué une nouvelle loi réformant les protocoles d'homologations des avions. Celle-ci, ratifiée dimanche par le Président Donald Trump, "donnera à la FAA plus d'autorité sur les travailleurs de l'aviation du secteur privé, comme ceux de Boeing, qui sont impliqués dans la certification des avions", a déclaré le sénateur républicain du Mississippi Roger Wicker dans une tribune publiée dans un journal local. Il a ajouté qu'elle "prendra des mesures pour éviter que les constructeurs n'exercent des pressions indues sur les employés pendant le processus de certification. Et elle renforcera les protections vitales pour les lanceurs d'alerte". 

"Ces mesures devraient contribuer à restaurer la culture de la sécurité au sein de la FAA, garantissant que l'Amérique reste l'endroit le plus sûr au monde pour voler", a conclu le sénateur.