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La valeur du jour à Wall Street - CISCO au dernier rang du Dow Jones : le marché prend ombrage des perspectives décevantes

AOF - 14 novembre 2019


(AOF) - Si la transformation du business model de Cisco, avec une montée en puissance des logiciels, avance comme prévu par la direction, voir même mieux, le spécialiste des équipements de réseaux est frappé par la dégradation de la situation économique mondiale. La présentation hier soir de perspectives inférieures au consensus pour le deuxième trimestre consécutif entraine un plongeon de près de 8 % à 44,65 dollars de l’action, qui occupe la dernière place du Dow Jones.

"Tout le trimestre a été pire que ce à quoi nous nous attendions au début. Et c'était assez généralisé", a déclaré le PDG, Chuck Robbins, à propos de l'impact de la macroéconomie sur l'activité, lors de la conférence avec les analystes.

La dégradation de l'environnement économique, qui avait déjà négativement impacté la demande des grandes entreprises et des fournisseurs de services (opérateurs télécoms, médias, câblo-opérateurs…) touche désormais les produits destinés aux PME.

Dans ce contexte, le groupe technologique américain vise au deuxième trimestre, qui a débuté fin octobre, un bénéfice par action ajusté compris entre 75 et 77 cents et un chiffre d'affaires en repli de 3 % à 5 %. Wall Street anticipait pour sa part 79 cents et une progression de 2,4 % des revenus.

Si la prévision de revenus au deuxième trimestre est inférieure aux attentes d'UBS, cette dernière a aussi été surprise par l'estimation d'une baisse attendue de 10 % des dépenses opérationnelles sur cette période.

"Nous pensons que Cisco gère raisonnablement bien son bénéfice par action dans un environnement difficile", explique le broker.

Le spécialiste des équipements de réseaux a d'ailleurs présenté des résultats meilleurs que prévu au premier trimestre. Le bénéfice net a toutefois chuté de 18 % à 2,9 milliards de dollars, soit 68 cents par action. En données ajustées, le bénéfice par action ressort à 84 cents, dépassant le consensus FactSet (81 cents). Pour sa part, le chiffre d'affaires de Cisco s'est établi à 13,2 milliards, en hausse de 1 % sur un an. Le marché visait 13,08 milliards de dollars.

UBS souligne que la marge opérationnelle de 33,6 % au premier trimestre est la plus élevée depuis des décennies grâce à une contribution plus importante des logiciels et à une baisse des coûts des composants.

JPMorgan met de son côté l'accent sur des abonnements aux logiciels, une mesure clé de la transformation du groupe, qui continuent d'augmenter en flèche. Ils ont représenté 71 % du chiffre d'affaires total des logiciels au premier trimestre de l'exercice, dépassant déjà l'objectif de 66 % fixé pour l'année fiscale 2020. Les revenus tirés des logiciels sont, eux, en ligne avec l'objectif de 30 % du chiffre d'affaires total en fin d'exercice.

Le broker explique que la transformation conduit à une meilleure visibilité sur le chiffre d'affaires et les résultats, ainsi qu'à une meilleure résistance aux vents contraires macroéconomiques.