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La valeur du jour à Wall Street - TIFFANY/LVMH : le jugement de Salomon de la Cour de Justice du Delaware

AOF - 22 septembre 2020


(AOF) - Dans le bras de fer entre Tiffany et LVMH, la justice américaine a délivré un jugement de Salomon. Hier soir, la Cour de Justice du Delaware s'est prononcée en faveur d'un procès de 4 jours devant commencer le 5 janvier 2021. Il s'agit d'une déconvenue pour le joaillier américain qui demandait un procès de 3 jours avant le 24 novembre, date limite pour clore son rachat de 16,2 milliards de dollars par le géant du luxe. En Bourse, le titre Tiffany grappille 0,51% à 115,80 dollars, soit près de 20 dollars de moins que le prix de l'offre du numéro un mondial du luxe.

LVMH non plus n'a obtenu pleine satisfaction. Il escomptait un procès en mars-avril 2021, le temps de peaufiner ses arguments et pourquoi pas de contraindre Tiffany à consentir un rabais sur le prix de l'acquisition.

Dans un communiqué publié hier soir, le groupe de Bernard Arnault s'est dit "pleinement confiant dans sa capacité à repousser les accusations de Tiffany et à convaincre la Cour que les conditions de réalisation de cette acquisition ne sont plus réunies ".

A cet égard, LVMH entend démontrer au cours des prochains mois à la justice américaine que la mauvaise gestion de Tiffany durant la crise du Covid-19 constitue un Material Adverse Effect (MAC), soit un changement défavorable significatif.

Selon LVMH, la pandémie aurait engendré des conséquences significativement disproportionnées sur Tiffany. Le français s'appuie sur cette notion en mettant en cause le Covid et la mauvaise gestion de la crise par le management de Tiffany depuis la conclusion de l'accord en novembre 2019, notamment en distribuant des dividendes substantiels alors que la société était en perte.

De son côté, Tiffany va relativiser l'ampleur du choc afin d'obtenir de la justice l'exécution forcée du deal au prix convenu. Le joailler va également tenter de prouver que LVMH n'a pas honoré à dessein ses engagements, notamment pour solliciter dans les délais nécessaires les avis des autorités de la concurrence.