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Mis sous pression par l'ASN et la Covid, EDF peut compter sur Barclays

AOF - 03 décembre 2020


(AOF) - EDF a gagné 0,74% à 12,98 euros grâce à Barclays. Le broker a relevé son objectif de cours sur l'électricien public de de 12,5 à 16 euros tout en réitérant sa recommandation Surpondérer. Le bureau d'études rappelle que l'action a bondi de 44% depuis la publication de ses résultats semestriels le 30 juillet. L'indice sectoriel européen de référence, le SX6P n'a gagné, lui, que 7%. Selon lui, cette surperformance va se poursuivre grâce à la revalorisation du parc nucléaire et hydraulique français dans le cadre de la probable restructuration et réorganisation du marché électrique français.

Le bénéfice par action d'EDF pourrait même surprendre très favorablement par le consensus, ajoute l'analyste.

Cette recommandation positive tombe à point nommé pour compenser une nouvelle moins favorable. La crise du coronavirus risque en effet de coûter au groupe près de deux milliards d'euros de chiffre d'affaires comme de résultat brut d'exploitation, a déclaré aujourd'hui le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy lors d'une conférence organisée par le magazine Challenges. La pandémie effacerait ainsi 12% de l'Ebitda du groupe réalisé l'an dernier.

Enfin, le groupe a été mis sous pression par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Dans un projet de décision publié jeudi 3 décembre, le gendarme français du nucléaire a ouvert la voie à un prolongement du fonctionnement de ces réacteurs pour dix années supplémentaires, ce que souhaite EDF.

Mais l'ASN pose ses conditions. Le groupe devra veiller au bon entretien des trente-deux réacteurs de 900 mégawatts (MW) qui doivent faire l'objet entre 2019 et 2030 de leur quatrième visite de contrôle décennale.

L'ASN propose également EDF de travailler sur une plus grande robustesse des réacteurs face aux agressions internes (incendie par exemple) et externes (séismes, inondations).

Surtout, pour la première fois, l'autorité indépendante demande à EDF de lui faire un rapport annuel d'avancement sur le sujet. Il faut reconnaître que l'ASN a des raisons de se méfier tant EDF éprouve des difficultés récurrentes à respecter les recommandations ou le calendrier fixé dans l'entretien et le contrôle de ses centrales, sans parler du retard du chantier de l'EPR de Flamanville.