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NATIXIS : les précisions d'H2O sur les obligations illiquides ne permettent pas un rebond du titre

AOF - 21 juin 2019

(AOF) - Les inquiétudes à propos de la filiale de Natixis H2O Asset Management continuent de peser sur l’action de la banque française. Après une chute de près de 12% hier, elle a encore cédé 2,13% aujourd'hui à 3,4060 euros. Ces inquiétudes ont poussé HSBC à abaisser sa recommandation sur Natixis d’Acheter à Conserver tandis que JPMorgan a sorti la banque de sa liste de valeurs préférées.

H2O Asset Management a pourtant apporté hier soir des précisions sur son exposition aux obligations illiquides, qui suscite l'inquiétude des investisseurs. Elle a précisé que les obligations sans notation représentaient au 20 juin respectivement 4,3%, 9,7% et 8,3% des encours des fonds H2O Adagio, H2O Allegro et H2O MultiBonds. Le gérant d'actifs a souligné que cette exposition fait l'objet d'une communication mensuelle.

Morningstar, qui a mis le feu aux poudres en suspendant la note du fonds H2O Allegro, s'inquiète plus précisément que 4,2% des actifs du fonds H2O Allegro soient investis dans des obligations illiquides émises par des sociétés contrôlées par le financier allemand Lars Windhorst. A ce sujet, le directeur général du gestionnaire d'actifs, Bruno Castres, a précisé que ces obligations représentaient entre 0,2% et 2,7% de l'actif net des fonds de sa société. Il a ajouté que les obligations illiquides représentaient entre 5% et 10% des actifs des fonds, respectant ainsi la réglementation européenne pour les fonds UCITS.

Le gestionnaire d'actifs a rappelé que ses positions sont principalement financées par des futures et des contrats de change à terme, ce qui laisse beaucoup de trésorerie disponible dans les fonds. Le cash et les titres monétaires représente ainsi par exemple 56% des actifs du fonds H2O Adagio.

S'agissant du risque de conflit d'intérêt induit par la présence de Bruno Castres au comité consultatif de Tennor Holding, le fonds d'investissement de Lars Windhorst, le Directeur général d'H2O va démissionner de ce poste à la demande de Natixis.

La banque a précisé ce matin que H2O AM avait enregistré une décollecte de 600 millions d'euros depuis le début du deuxième trimestre, à la date du 20 juin.

Si ces flux négatifs sont intervenus avant la suspension de la note de Morningstar, les analystes s'attendent à ce qu'ils se poursuivent. Tout en prenant acte des informations communiquées par H2O AM, en particulier à propos de l'exposition aux obligations illiquides, JPMorgan juge que le marché va probablement continuer de s'inquiéter de la contribution future du gérant à Natixis. H2O a largement contribué à la croissance des résultats de l'activité de gestion d'actifs de Natixis et a représenté à son apogée 14 % des résultats ajustés (underlying) de Natixis, rappelle HSBC. JPMorgan attend donc des informations sur l'impact des évènements de ces derniers jours sur l'encours de H2O.

Pour motiver sa dégradation d'Acheter à Conserver, HSBC s'inquiète de la possible mise en place d'un cercle vicieux : des sorties de fonds entrainant des ventes forcées de positions de placement peu liquides, exacerbant la baisse du prix de ces placements.

Le broker explique par ailleurs que la stratégie de Natixis consistant à acquérir des boutiques de gestion d'actifs lui permettant d'accroître ses bénéfices, dans un métier où les valorisations sont élevées, a été l'un des principales raisons de sa recommandation positive.

UBS craint aussi un effet boule de neige chez H2O. Pour autant, rejoignant l'analyse de Jefferies d'hier, il juge " sévère " la réaction du marché même en considérant un scénario extrême. Jefferies rappelle aujourd'hui que H2O AM représente seulement 4% des actifs sous gestion du groupe Natixis et de 5% à 10% des bénéfices.