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RENAULT pénalisé (une nouvelle fois) par Nissan

AOF - 14 mai 2019


(AOF) - Renault (-2,32% à 53,11 euros) a accusé la plus forte baisse du CAC 40, dans le sillage des résultats annuels dégradés dévoilés par Nissan et de ses perspectives dégradées. Par ailleurs, un rapprochement plus poussé entre les deux constructeurs automobiles a été jugé prématuré par Hiroto Saikawa, le directeur général de Nissan, alors que le groupe japonais doit se concentrer sur son redressement. Fin avril, Nissan (dont Renault détient 43,4%) avait prévenu que son exercice fiscal s’achevant fin mars 2019 ne serait guère brillant. Il a tenu promesse, si l’on peut dire.

 

Le groupe a ainsi réalisé un bénéfice d'exploitation annuel de 318,2 milliards de yens (2,58 milliards d'euros), en baisse de 44,6% sur un an. Il en découle une marge de 2,7% contre 4,8% un an plus tôt. Pour sa part, le bénéfice net ressort à 319,1 milliards de yens (2,59 milliards d'euros), soit une chute de 57,3%, au plus bas depuis près d'une décennie. Enfin, le chiffre d'affaires s'établit à 11 574 milliards de yens (93,88 milliards d'euros), en repli de 3,2%.

Nissan a mis en cause les frais supplémentaires découlant de la mise en œuvre d'une campagne d'extension de garantie couvrant certains véhicules vendus sur le marché américain, mais aussi l'environnement d'exploitation défavorable au quatrième trimestre et l'impact de l'arrestation de son ancien président, Carlos Ghosn, sur les ventes.

En parallèle, la question des liens capitalistiques entre Renault et Nissan a de nouveau été évoquée. Le constructeur français détient actuellement 43,4% de Nissan, alors que le japonais ne détient en retour que 15% du français, sans droits de vote. Hiroto Saikawa, le directeur général de Nissan, reconnait des divergences d'opinions avec Renault, mais indique que les deux groupes jugent prématurées de telles négociations.

Enfin, le constructeur japonais n'a pas pu se rattraper avec ses perspectives annuelles qui s'annoncent bien sombres. Pour l'exercice en cours, qui s'achèvera fin mars 2020, le groupe anticipe ainsi un bénéfice net (170 milliards de yens) et un bénéfice opérationnel (230 milliards de yens) bien inférieurs à ceux de l'exercice qui vient de s'achever.