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SEQUANA place deux activités d'Arjowiggins en redressement judiciaire

AOF - 07 janvier 2019


(AOF) - En révélant ce matin la suspension de son cours de Bourse (0,212 euro) Sequana laissait craindre le pire. Quelques heures plus tard, la mauvaise nouvelle est tombée. Le papetier français va placer en redressement judiciaire certaines filiales françaises de sa branche de production Arjowiggins. Les activités "graphique" et "papiers de création" sont concernées par cette procédure. Concrètement, il s'agir des usines de Bessé-sur-Braye et Le Bourray dans la Sarthe, ainsi que l'usine de Greenfield, à Chateau-Thierry dans l'Aisne.

Au total, 906 emplois (sur les 2600 d'Arjowiggins) sont menacés par une opération qui vise des sites historiques pour l'industrie française. L'usine de Bessé-sur-Braye, spécialisée dans les papiers couchés de spécialité et de papiers laminés, a été fondée en 1824. L'usine de Bourray, spécialisée dans les papiers de bureau, a vu le jour en 1848.

Sequana a indiqué que les pouvoirs publics  soutiendraient les différentes démarches qui seront entreprises pour trouver des repreneurs pour les différentes activités d'Arjowiggins et préserver ainsi l'emploi.

Le groupe s'est dit confiant dans sa capacité à trouver des repreneurs pour ces activités.

Sequana a justifié ces mises en redressement judiciaire par  un contexte extrêmement dégradé des conditions de marché, le prix de la pâte à papier ayant atteint son plus haut historique dans un contexte de baisse structurelle des volumes en papiers d'impression et d'écriture.

La société a également mis en avant l'abandon par le néerlandais Fineska BV de l'acquisition des activités Graphique et Papiers de création, annoncé le 28 décembre.

Enfin, le groupe assure avoir été le affecté par le litige qui l'oppose au groupe British American Tobacco (BAT), depuis 2013. Ce conflit a entraîné une forte défiance de la part des partenaires du groupe, et notamment les assureurs, a précisé Sequana.

Après avoir géré en fin d'année dernière la reprise de la fonderie Ascoval et ses 1280 emplois (directs et indirects), le gouvernement hérite donc d'une nouvelle mission de sauvetage industriel qui s'annonce tout aussi ardue.