Bourse

Sociétés

UNIBAIL-RODAMCO : les frondeurs avancent leurs pions, la pression monte sur la direction

AOF - 16 novembre 2020


(AOF) - La pression monte sur la direction d’Unibail-Rodamco-Westfield (URW), alors que les frondeurs avancent peu à peu leurs pions. Léon Bressler, l’ancien PDG d’Unibail, et l’un des meneurs de la révolte, est parvenu à se faire désigner président du conseil de surveillance vendredi avec effet immédiat. En parallèle, ses alliés Xaviel Niel et Susana Gallardo sont devenus respectivement membres du comité des rémunérations et du comité de la gouvernance.

Ces entrées au sein du conseil se sont accompagnées des démissions de Jacques Stern, vice-président, de Jacqueline Tammenoms Bakker, Sophie Stabile et Philippe Collombel.

Un grand chambardement qui pourrait ne pas s'arrêter là. Selon le JDD, le président du directoire, Christophe Cuvillier, et le directeur financier, Jaap L. Tonckens, pourraient démissionner dans les prochains jours.

L'origine des bouleversements en cours remonte à la mi-septembre, lorsqu'URW a dévoilé son plan Reset, dont l'élément clef était un projet d'augmentation de capital (très dilutive) de 3,5 milliards d'euros. La goutte d'eau de trop pour un groupement d'investisseurs européens mené par Léon Bressler et Xavier Niel. Le consortium, qui détient plus de 5 % du capital d'URW, a mené une campagne médiatique éclair et réussi à faire rejeter le projet lors de l'Assemblée générale du 10 novembre dernier.


Hormis ce projet d'augmentation de capital, le consortium déplore l'acquisition de Westfield qui a " affaibli la position dominante d'URW en Europe, avec une position plus marginale aux États-Unis " et a lourdement endetté le groupe. Le groupement d'investisseurs plaide donc pour un recentrage en Europe et la cession progressive des actifs américains.

Un scénario qui gagne de plus en plus en consistance au vu de l'importante réorganisation en cours.

Le succès des frondeurs et les bonnes nouvelles de Moderna sur son candidat-vaccin contre le Covid-19 ont permis au titre URW de bondir de 17,56 % à 58,66 euros. La valeur limite ainsi son repli à moins de 60 % depuis le début de l'année.