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URW : les frondeurs scellent leur victoire en prenant la présidence du directoire

AOF - 19 novembre 2020


(AOF) - Le grand jeu des chaises musicales se poursuit à la tête d’Unibail-Rodamco-Westfield (URW). Après avoir conquis le conseil de Surveillance, la semaine dernière, les frondeurs ont poursuivi leur offensive sur le Directoire. Avec succès. Jean-Marie Tritant en deviendra ainsi le président le 1er janvier prochain, en lieu et place de Christophe Cuvillier. Dans l’intervalle, Jean-Marie Tritant occupera les fonctions de directeur général des opérations groupe du géant des centres commerciaux. En fin de matinée, le titre URW recule de 3,03 % à 57,02 euros.

Toutefois, la valeur rebondit toujours de 34 % sur un mois.

Entré chez URW en 1997, le parcours brillant de Jean-Marie Tritant le faisait déjà pressentir comme un successeur potentiel de Christophe Cuvillier avant même les problèmes rencontrés par la foncière, note Invest Securities.

" Comme nous l'espérions, la phase de transition sera donc rapide et il n'aura pas été nécessaire de chercher un dirigeant en dehors d'URW ce qui facilitera encore la prise de poste ", a ajouté l'analyste.

URW a indiqué que d'autres annonces concernant la composition du directoire seront réalisées ultérieurement.

" Si l'éviction du numéro deux, Jaap Tonckens, n'est pas encore confirmée, il est probable que le directoire s'enrichisse d'autres membres, Léon Bressler ayant déjà souligné que deux membres ne suffisaient pas ", estime Invest Securities.


L'origine des bouleversements en cours remonte à la mi-septembre, lorsqu'URW a dévoilé son plan Reset, dont l'élément clef était un projet d'augmentation de capital (très dilutive) de 3,5 milliards d'euros. La goutte d'eau de trop pour un groupement d'investisseurs européens mené par Léon Bressler et Xavier Niel. Le consortium, qui détient plus de 5 % du capital d'URW, a mené une campagne médiatique éclair et réussi à faire rejeter le projet lors de l'Assemblée générale du 10 novembre dernier.

Hormis ce projet d'augmentation de capital, le consortium déplore l'acquisition de Westfield qui a " affaibli la position dominante d'URW en Europe, avec une position plus marginale aux États-Unis " et a lourdement endetté le groupe. Le groupement d'investisseurs plaide donc pour un recentrage en Europe et la cession progressive des actifs américains.

Au vu de la rapidité des changements intervenus au sein des instances dirigeantes d'URW, la communication d'une nouvelle feuille de route stratégique ne devrait pas se faire attendre trop longtemps. 


Ce matin, Jefferies a maintenu, en première approche, sa recommandation Conserver et son objectif de cours de 46 euros sur le titre URW.