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VIVENDI : la tension monte avec Elliott avant l'AG de TIM

AOF - 11 mars 2019

(AOF) - Vivendi est resté quasi stable à 25,61 euros, les investisseurs optant pour le statu quo après la nouvelle escarmouche entre le géant français des médias et le fonds d'investissement Elliott. Dans un communiqué publié ce matin, l'activiste américain a demandé aux actionnaires de Telecom Italia (TIM) de soutenir son projet pour l'opérateur télécoms au détriment de celui de Vivendi lors de l'assemblée générale de l'ancien fleuron italien programmée le 29 mars prochain.

Elliott, propriétaire de 10% du capital, milite pour une scission du réseau de TIM, endetté à hauteur de 25 milliards d'euros, et sa fusion avec son concurrent Open Fiber. Une stratégie partagée par le gouvernement italien, qui détient 8,7% du capital par l'intermédiaire de la Caisse des Dépôts.

Pour séduire, Elliott promet " la stabilité et la poursuite de la reconstitution de la valeur de l'entreprise". Le fonds évoque par ailleurs le risque "d'un retour à un mauvais pilotage par Vivendi avec ses promesses non tenues, la destruction de valeur et le mépris pour la bonne gouvernance".

Pourtant, le titre TIM accuse un repli de 35% depuis qu'Elliott a pris les commandes en mai dernier.

Un argument régulièrement mis en avant par Vivendi. Depuis vendredi dernier, le groupe de Vincent Bolloré peut également s'appuyer sur Collegio Sindacale (collège syndicale), l'entité au sein de Telecom Italia (TIM) composée de cinq membres représentant le gendarme des marchés financiers italien (Consob).

Dans un rapport, ce "Collegio Sindacale" a révélé l'existence d'irrégularités de gouvernance au niveau du conseil d'administration de l'opérateur historique italien.

Selon le rapport, les 10 membres du conseil d'administration de TIM étiquetés "Elliott" se sont réunis à l'exclusion des représentants de Vivendi et des autres administrateurs. Ce qui est évidemment interdit.

Les actionnaires devront donc départager les protagonistes le 29 mars prochain en votant ou pas pour la proposition de Vivendi de remplacer cinq administrateurs sur les dix présentés par Elliott. Un fonds qui a violé selon le groupe français "le droit des sociétés ainsi que les règles les plus élémentaires et fondamentales en matière de gouvernement d'entreprise. "

Dans une note publiée ce matin, Oddo BHF estime que Vivendi n'abandonnera pas le front italien alors que l'Europe du Sud constitue son terrain de conquête. Dans ce cadre, la participation dans TIM reste essentielle au groupe sur le long terme.