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Avec Moody’s, Vigeo Eiris veut diversifier son activité

19 avril 2019 - optionfinance.fr

Avec Moody’s, Vigeo Eiris veut diversifier son activité La frontière entre l’analyse financière et extra-financière continue de s’effriter. L’agence de notation traditionnelle Moody’s devient l’actionnaire majoritaire de l’agence spécialisée dans l’analyse ESG Vigeo Eiris. L’américaine acquiert pour cela la participation de plusieurs actionnaires historiques de l’agence française, dont 91 % du capital était jusque-là détenu par une vingtaine d’investisseurs institutionnels et de gestionnaires d’actifs. «Certains actionnaires minoritaires restent au capital, précise Nicole Notat, présidente de Vigeo Eiris, qui quitte à cette occasion ses fonctions exécutives. Trois postes leur sont réservés, à côté des trois de Moody’s, au sein du conseil d’administration où siègent aussi deux administrateurs indépendants ainsi que notre nouvelle directrice générale, Sabine Lochmann, et moi-même.» Ce virage actionnarial s’accompagne d’un repositionnement de l’activité de Vigeo Eiris, dont le siège reste en France. L’agence compte en effet profiter de l’assise internationale de Moody’s pour développer sa clientèle hors d’Europe pour son offre de services aux investisseurs. Mais elle souhaite surtout accélérer le déploiement de ses services aux émetteurs, une activité qui ne représente aujourd’hui que 25 % de son chiffre d’affaires. «Aujourd’hui, notre modèle économique repose essentiellement sur la rémunération de notre recherche par les investisseurs, explique Nicole Notat. Nous avons d’ores et déjà engagé l’évolution de notre modèle économique. L’émetteur sollicite et rémunère sa notation ESG pour communication aux marchés, par exemple à l’occasion d’émissions obligataires.» Une offre qui se rapproche de celle des agences de notation comme Moody’s sur le risque crédit d’un émetteur. Reste que, par cette opération, c’est un acteur européen de l’analyse extra-financière de plus qui passe sous pavillon américain. En 2016, le britannique Trucost avait déjà été acquis par S&P Global, suivi, en 2017, par le rachat du hollandais Sustainalytics par Morningstar, et, en 2018, de l’allemand Oekom par ISS. «On peut regretter que l’Europe n’ait pas encore su faire émerger une agence financière de niveau mondial susceptible d’opérer cette consolidation, reconnaît Nicole Notat. Mais on peut se réjouir que, ainsi, le temps d’avance pris par l’Europe sur les sujets extra-financiers inspire les pratiques d’autres pays.»