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STRATÉGIE

Eiffel IG lance un fonds de dette privée à impact

28 juin 2019 - optionfinance.fr

L’investissement à impact social ou environnemental gagne peu à peu toutes les classes d’actifs : après le private equity, les actions cotées et les obligations, via les green bonds, la démarche se déploie sur la dette privée. Eiffel Investment Group vient de recruter Antoine Maspétiol, auparavant responsable de la dette privée chez Aviva Investors, pour développer, en tant que gérant, un fonds d’une maturité de 10 ans prenant en compte les aspects d’impact. «Nous souhaitons lever 400 millions d’euros auprès d’investisseurs institutionnels européens, et notamment français, pour financer une quinzaine d’entreprises de taille intermédiaire puisque nous visons un Ebitda moyen de 50 millions d’euros, indique Fabrice Dumonteil, président d’Eiffel IG. Aux critères traditionnels de rendement et de risque, nous ajoutons pour la première fois aux conditions financières de crédit une dimension d’impact, que nous voulons pragmatique.» Accompagnée du cabinet de conseil EthiFinance, la société de gestion a établi une grille d’une centaine de questions permettant d’évaluer l’impact social et environnemental et la soumet à un échantillon de sociétés, préalablement filtrées sur la base de critères financiers mais aussi d’un score ESG. Puis, à la manière de ce que font certaines banques avec les «crédits à impact», l’investisseur adapte les conditions du financement en fonction de la réalisation d’un critère extrafinancier, par exemple le nombre d’embauches sur un territoire ou la réduction des émissions de carbone. «En plus des covenants financiers, nous négocions avec l’entreprise un “convenant d’impact”, précise Antoine Maspétiol. Si l’entreprise parvient à réaliser ses objectifs sur un indicateur d’impact défini au préalable avec elle, comme la création d’emplois, elle bénéficiera d’une réduction de la marge de son prêt. Inversement, si elle ne les atteint pas, nous pourrions aller jusqu’à exiger un remboursement anticipé. C’est un élément de dissuasion, l’idée étant alors plutôt de se rapprocher de l’entreprise pour discuter avec ses dirigeants afin de l’aider à s’améliorer.» Il est prévu qu’un comité d’impact indépendant soit créé pour superviser la démarche.