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Allocation

Face aux taux bas, des investisseurs attentistes

17 janvier 2020 - optionfinance.fr

La plongée des taux européens en territoire négatif pendant l’été a conduit les institutionnels à adapter leurs portefeuilles dès la rentrée. Interrogés à l’automne par le cabinet de conseil Indefi, les investisseurs institutionnels français ont tout d’abord ajusté leur allocation aux actions cotées, qui s’établit à 10,5 %, en baisse de 0,4 point. Ils n’ont ainsi pas totalement profité des très belles performances de la classe d’actifs en 2019. «Cet allégement sur les actions avait commencé plus tôt dans l’année et s’est renforcé pendant l’été, précise Agnès Lossi, directrice associée d’Indefi. Il s’est en outre accompagné d’un recours désormais systématique à des stratégies optionnelles permettant d’atténuer la volatilité des expositions actions et d’alléger la charge en capital des assureurs sous Solvabilité 2.» Plus généralement, les institutionnels se montrent réticents à s’exposer aux actifs liquides de long terme, et donc au risque. «Les placements de court terme, y compris des produits bancaires qui apportent encore un peu de rendement, représentent désormais 6,2 % des portefeuilles, indique Agnès Lossi. Cette situation est le reflet d’investisseurs qui ne souhaitent pas entrer sur le marché obligataire à ces niveaux de valorisation et qui constituent des placements d’attente en vue de les déployer par la suite sur le non-coté par exemple.» De fait, la part des actifs privés poursuit sa progression : + 21 % par an sur les quatre dernières années pour la dette privée et + 23 % pour les infrastructures en equity. L’immobilier a, quant à lui, augmenté de 9 % par an et représente désormais 6,5 % de l’allocation. Cette ruée sur les marchés privés traduit une quête de rendement qui profite aussi, dans une moindre mesure, au segment de l’obligataire liquide. La dette internationale et la dette émergente progressent ainsi respectivement de 15 et 17 % par an entre 2015 et 2019, tandis que le high yield recule de 3 %. «La stabilité de la dette à haut rendement dans les allocations institutionnelles traduit la volonté de la plupart des investisseurs de ne pas trop dégrader la qualité de crédit de leurs portefeuilles», note Agnès Lossi. Une précaution de rigueur, si l’on anticipe que la fin de cycle est proche.