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Face aux taux bas, l’attrait des actions à dividendes

22 février 2019 - optionfinance.fr

Les actions à haut rendement, c’est-à-dire offrant un ratio dividende/cours boursier élevé, peuvent-elles être attractives dans le contexte actuel ? Pour Florian Allain, gérant du fonds Mandarine Equity Income, cela ne fait pas de doute : «Le rendement moyen des valeurs européennes a atteint fin 2018 son niveau le plus haut depuis six ans, soit 4,1 % pour l’indice Stoxx Europe 600 NR. Sur cette période, le rendement des actifs obligataires, lui, se comprimait.» L’écart entre le rendement du dividende et celui des obligations corporate notées AA à dix ans s’est établi à 3 % en fin d’année dernière. Quant au différentiel avec le taux souverain allemand à dix ans, il a culminé à 4 %. «En Europe, la baisse des rendements obligataires ne s’est pas transmise aux actions, un constat que l’on ne retrouve pas dans le cas des Etats-Unis», note Florian Allain.

Les investisseurs peuvent tirer parti de cette situation de marché en privilégiant les valeurs à haut rendement, et plus spécifiquement les actions à dividendes. «Nous sélectionnons dans notre fonds, des entreprises qui distribuent des dividendes élevés mais que nous estimons pérennes, ou qui parviennent à ne jamais couper leurs dividendes, voire les augmentent», précise Florian Allain. Cet accent mis sur la politique de distribution peut permettre de cibler des sociétés de qualité. «Le fait de verser des dividendes même dans une phase du cycle plus difficile est révélateur de la bonne santé d’une entreprise, de sa solidité financière et d’un business model résilient», précise Christian Ginolhac, président de Gaspal Gestion, dont le fonds phare cible justement les entreprises dont les dividendes augmentent.

Reste qu’en période de hausse des taux, les valeurs à haut rendement tendent, historiquement, à sous-performer. Un constat fait par de nombreuses études que Florian Allain nuance : «La sous-performance des actions de rendement en période de hausse de taux est essentiellement due à un biais sectoriel : ces valeurs appartiennent en effet souvent à des secteurs pénalisés dans ces configurations de marché, comme les télécoms, les services publics ou encore les biens de consommation», explique le gérant. Pour lui, une composition sectorielle adaptée du portefeuille peut permettre de profiter des hauts rendements tout en gommant les effets négatifs d’une encore très hypothétique hausse des taux.