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IM entame sa bascule institutionnelle

optionfinance.fr - 08 novembre 2019

Avec l’abandon de l’ISF, l’ancien spécialiste des produits d’investissement de défiscalisation 123 IM doit se trouver un avenir. Il le cherche depuis un an du côté de la clientèle institutionnelle, auprès de laquelle il est en passe d’avoir levé 100 millions d’euros en 2019, sur une collecte totale qui devrait atteindre 150 à 200 millions. Le Fonds de garantie, Pro BTP ou encore Neuflize Vie comptent parmi ses clients. Ce spécialiste du capital-investissement sur les petites et moyennes capitalisations, qui gère 1,1 milliard d’euros d’encours, s’appuie pour cela sur l’offre d’investissement de diversification, c’est-à-dire sans objectif de défiscalisation, qu’il commercialisait déjà depuis 2010 auprès des family offices. «Les mentalités des institutionnels tendent à converger vers celles de la clientèle privée, constate Vincent Chabriel, directeur de la clientèle institutionnelle de 123 IM, arrivé en 2017. Ils sont intéressés par des investissements en dette privée davantage qu’en fonds propres, sur des thématiques simples et compréhensibles, telles que le tourisme, la santé ou la sécurité. Ils cherchent à se protéger contre le risque, quitte à accepter des rendements nets un peu plus limités, entre 7 et 9 %.» Pour assurer cette protection, le gérant privilégie le financement adossé à des actifs tangibles, en particulier immobiliers, et souscrit pour certains fonds une contre-garantie auprès du Fonds européen d’investissement (FEI), qui ampute le rendement de 50 points de base.

Mais le gérant a également dû adapter son offre pour attirer des investisseurs institutionnels de plus en plus sensibles aux enjeux ESG. «Nous avons développé un fonds d’impact investing sur le secteur des Ehpad, illustre Xavier Anthonioz, président d’123 IM. Nous étudions les cibles d’investissement suivant une grille d’indicateurs non financiers conçue avec l’association Siel Bleu.» Cette dernière, qui utilise le sport comme moyen de préserver la santé des personnes âgées, leur fournit des indicateurs d’impact tels que le nombre de chutes dans l’établissement. En échange, les frais de gestion sont partagés avec l’association. «Nous avons déjà levé 40 millions d’euros sur ce fonds et espérons atteindre 80 ou 100 millions d’ici la fin d’année», indique Xavier Anthonioz.