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La CARCDSF va investir dans des prêts aux PME françaises

08 février 2019 - optionfinance.fr

Les investisseurs institutionnels s’aventurent sur la dette privée de PME. La Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes (CARCDSF) vient de confier 100 millions d’euros à Eiffel Investment Group (IG) pour gérer un fonds dédié à cette classe d’actifs. Une expertise que la société de gestion développe déjà depuis septembre 2017 à travers un fonds fermé de 150 millions d’euros sponsorisé par AG2R La Mondiale Matmut et qui compte également la Bred (groupe BPCE) parmi ses investisseurs. «Les fonds de dette privée de type EuroPP qui se sont créés ces dernières années ciblent tous des entreprises de taille intermédiaire (ETI), réalisant un chiffre d’affaires de plusieurs centaines de millions d’euros. Nous visons au contraire les PME françaises dont le chiffre d’affaires est compris entre 5 et 50 millions d’euros, éventuellement jusqu’à 100 millions, explique Fabrice Dumonteil, P-DG d’Eiffel IG. Cet univers d’investissement, qui se compte en milliers d’entreprises contre des centaines d’ETI, nous permet d’être bien plus sélectifs mais aussi de construire des portefeuilles plus diversifiés. C’est un enjeu essentiel car le risque de défaut de ces entreprises de plus petite taille est environ deux fois plus élevé que celui des ETI.» Ces financements bénéficient toutefois d’une garantie du Fonds européen d’investissement (FEI), accordée dans le cadre du plan Juncker : en cas de défaut, la moitié des pertes est remboursée par le FEI.

Le portefeuille de la CARCDSF devrait à terme compter une trentaine de prêts. Certains sont réalisés en complément d’un prêt bancaire, Eiffel collaborant plus particulièrement avec le groupe BPCE. «Les financements que nous accordons sont des prêts in fine sur cinq à sept ans très complémentaires des prêts amortissables des banques et qui permettent aux entreprises de financer des projets à plus long terme, explique Fabrice Dumonteil. Ce sont en outre des actifs qui correspondent bien au passif des institutionnels, qui cherchent des horizons d’investissement suffisamment longs.» Une manière aussi d’obtenir un surcroît de rendement, les prêts in fine coûtant plus cher à l’entreprise. La dette privée de PME peut rapporter un rendement de l’ordre de 3,5 ou 4 % net des provisions pour défaut.