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Réforme des retraites

L’Af2i veut faire entendre sa voix

26 avril 2019 - optionfinance.fr

Si l’attention publique se focalise aujourd’hui sur le sujet de l’âge du départ à la retraite, il est un autre aspect qui mobilise les professionnels de la gestion d’actifs dans le cadre de la réforme des retraites : la question des réserves du futur régime universel. L’Af2i, qui compte parmi ses membres les principales caisses de retraite complémentaires dont le rôle sera amené à évoluer avec la réforme, vient de faire des propositions en ce sens. L’association milite en premier lieu pour que le régime universel dispose de réserves suffisantes pour pallier les éventuels déséquilibres démographiques ou lisser les impacts de la conjoncture sur les cotisations. «Les dispositifs par répartition et par capitalisation n’ont pas tout à fait le même cycle : en bas de cycle, les cotisations sont faibles mais les opportunités de placements à long terme, sur les actions ou les obligations corporate, sont à leur pic, met en avant Jean-François Boulier, président de l’Af2i. Cette décorrélation permet aux deux dispositifs de se renforcer.» Le haut- commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, ne serait pas hostile à la constitution d’un tel matelas. Aujourd’hui, le montant des réserves accumulées par les différents régimes historiques s’élève à environ 200 milliards d’euros, contre quelque 300 milliards de pensions versées chaque année, soit huit mois de couverture. L’association préconise d’augmenter ce ratio à au moins un an, en affectant la recette de la CRDS à ces réserves. Mais elle souligne aussi l’importance de préserver les réserves actuelles accumulées au cours du temps par certains régimes excédentaires de sorte à ce qu’elles profitent bien aux cotisants qui ont permis de les constituer : une période transitoire longue devrait ainsi être privilégiée avant de transférer ces fonds vers le régime universel. Enfin, l’enjeu est de savoir qui serait en charge de la gestion de ces réserves. «Nous recommandons de ne pas avoir recours à un organisme unique, mais de prévoir au contraire une pluralité de gestion», indique Henri Chaffiotte, directeur de la CARMF et président de la commission retraite de l’Af2i. Une manière, selon l’association, de diversifier les styles de gestion et donc de réduire les risques. Les caisses de retraite complémentaire, dont l’activité de gestion va être massivement réduite par le transfert de leurs réserves vers le régime universel à terme, pourraient apporter leur expérience en matière de gestion d’actifs et jouer ce rôle, fait valoir l’Af2i.