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Les actions chinoises devraient bénéficier de la refonte de l’indice émergent

31 mai 2019 - optionfinance.fr

L’indice phare des marchés actions de pays émergents, le MSCI Emerging Markets, a connu un remaniement majeur mardi dernier. Tout d’abord, les actions argentines ont fait leur retour dans l’indice, à hauteur de 0,26 %, après avoir été déclassées dans la catégorie marchés frontières en 2009. Les actions saoudiennes y font ensuite leur première entrée, à hauteur de 1,42 % et atteindront 2,66 % en août prochain. Mais c’est surtout le renforcement des actions chinoises cotées sur le marché domestique («A shares» par opposition aux titres offshore «H shares»), partiellement prises en compte pour la première fois en mai 2018, qui attire l’attention des investisseurs. Cette hausse de leur pondération dans l’indice s’effectuera en trois fois pour atteindre environ 3,3 % fin novembre. «Le poids croissant des A shares chinoises dans l’indice MSCI EM est un facteur de soutien important pour ces titres, d’autant qu’ils sont encore bon marché puisqu’ils se négocient autour de 11 fois les bénéfices à 12 mois, souligne Karim Chedid, stratégiste pour la gestion indicielle chez BlackRock. Ils permettent de s’exposer à l’économie chinoise, porteuse sur le long terme, même si c’est au prix d’une forte volatilité à court terme. Nous estimons que les flux vers ces A shares devraient augmenter de 68 milliards de dollars cette année, de la part d’investisseurs à la fois actifs et passifs.»

D’une manière générale, les actifs émergents restent porteurs en 2019, malgré le rally de début d’année et le regain d’incertitude autour du conflit commercial sino-américain. Outre la Chine, l’Asie émergente dans son ensemble devrait être soutenue par leur profil de croissance, la stabilité du dollar face à leurs devises et les politiques monétaires plus accommodantes permises par la pause du resserrement de la Fed. A ces fondamentaux s’ajoutent des facteurs plus conjoncturels. «La Russie, en tant que producteur de pétrole, est intéressante d’un point de vue tactique pour profiter du rebond de l’or noir, poursuit Karim Chedid. Les valeurs indiennes de leur côté, après avoir sous-performé du fait de spéculations sur une défaite du Premier ministre Modi aux élections, sont reparties en forte hausse (+6,4 % depuis le 14 mai) suite à sa large victoire, les marchés anticipant une poursuite des réformes. En revanche, le tableau est plus mitigé au niveau macroéconomique, avec une croissance en repli bien que toujours au-delà des 6 %, un déficit courant qui se creuse mais une inflation maîtrisée.»