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Les asset managers rationalisent la distribution de leur fonds à l’étranger

29 mai 2020

En 2019, les gestionnaires d’actifs ont continué de renforcer l’exportation de leurs expertises à travers le monde. Selon le panorama dressé chaque année par PwC Luxembourg, 14 031 fonds ont été commercialisés dans un, ou plusieurs autres, pays que celui où ils sont domiciliés. Cela représente un total de 121 458 démarches d’enregistrement dans les marchés d’accueil, un chiffre en progression de 7 % sur un an. La croissance du nombre de fonds a, en revanche, ralenti, passant de 8,5 % en 2018 à 2 % en 2019. «Le ralentissement de la création de nouveaux fonds transfrontières, couplé à un nombre toujours plus important d’enregistrements des fonds existants à l’étranger, est le signe que les asset managers commencent à rationaliser leur gamme», indique Robert Glover, associé chez PwC Luxembourg. Distribuer un fonds à l’étranger peut vite coûter cher à l’asset manager, entre les frais de marketing et les exigences de reporting au superviseur. Il est donc essentiel de réserver ces ressources aux fonds les plus à même de séduire la clientèle locale. 

Certains pays apparaissent en outre de moins en moins attractifs. «Depuis plusieurs années, on assiste à une réduction progressive du nombre de fonds transfrontières enregistrés à Hong Kong, note Robert Glover. Il est effectivement très coûteux de s’y développer, notamment du fait de la lourdeur réglementaire.» Les efforts commerciaux sont parfois mutualisés à l’échelle d’une zone géographique. «On constate une forme de “régionalisation” de la distribution de fonds, notamment en Europe, relève Robert Clover. Les asset managers exportent en Allemagne mais aussi dans ses pays limitrophes, comme l’Autriche ou la Suisse. Plus récemment, c’est la Norvège, et par extension la Finlande, le Danemark et la Suède, qui a été ciblée.» Une rationalisation dont la nécessité ne fait que se renforcer avec la crise.