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Les assureurs veulent maîtriser leurs risques en diversifiant leur portefeuille

27 septembre 2019 - optionfinance.fr

Dans un environnement contraint par des taux toujours plus bas et des incertitudes macroéconomiques, les assureurs réduisent leur appétit pour le risque. Selon BlackRock, qui a interrogé cet été plus de 360 investisseurs issus de l’assurance, seuls 22 % prévoient d’augmenter leur exposition au risque cette année, contre 51 % en 2018, et 63 % visent une stabilisation. «L’enjeu pour les assureurs est de trouver une allocation d’actifs qui leur permette de dégager davantage de performance sans augmenter les risques pris, analyse Patrick Liedtke, responsable des institutions financières de la zone EMEA pour BlackRock. Cela passe par introduire davantage de diversification dans les portefeuilles.» 55 % des répondants déclarent ainsi que leur priorité est de diversifier leurs sources de risques et de performance et 35 % comptent le faire en se renforçant sur les marchés non cotés. En Europe, 28 % des assureurs allouent au moins 10 % de leurs investissements vers ces classes d’actifs alternatifs, une proportion qui devrait passer à 37 % dans les trois prochaines années, selon l’étude.

Après l’immobilier, la dette privée, les infrastructures, c’est de plus en plus le private equity qui attire les assureurs européens : 34 % prévoient d’accroître leur allocation vers les actions non cotées dans les deux ans. «Le private equity offre un bénéfice de diversification et une rémunération suffisamment attractive pour compenser son coût en capital élevé sous Solvabilité 2», indique Patrick Liedkte. Toutefois, augmenter ses investissements dans le non-coté reste, pour un assureur, un exercice opérationnellement complexe. «Les fonds de private equity dans lesquels nous investissons nous remboursent assez vite et, pour maintenir un certain niveau d’exposition, voire l’augmenter, il nous faut donc très régulièrement reprendre des engagements», a ainsi souligné Carole Boucher, responsable investissements et allocation chez AXA France, lors d’une conférence organisée par France Invest la semaine dernière. Un effort auquel les assureurs ne sont pas habitués puisqu’ils peuvent prendre beaucoup plus facilement des positions sur les marchés cotés. «En matière de private equity, mieux vaut être investi longtemps dans un fonds avec un bon taux de rendement, que très peu de temps avec un rendement excellent», a conclu Carole Boucher.