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Etude

Les fonds de pension européens toujours meneurs dans la finance climat

13 septembre 2018 - optionfinance.fr

Le changement climatique a beau être devenu un thème récurrent parmi les priorités annoncées des investisseurs institutionnels, sa prise en compte réelle dans leurs plans d’action semble encore perfectible. C’est ce qui ressort de l’étude publiée la semaine dernière par l’ONG ShareAction, dans le cadre de l’initiative Asset Owners Disclosure Project (AODP). Ce rapport classe les 100 plus grands fonds de pension mondiaux (en termes d’encours) en fonction de la réponse qu’ils apportent aux recommandations publiées en 2017 par la Task Force on Climate-related Financial Disclosures, un groupe d’experts dédié au reporting sur le climat et placé sous l’égide du G20. «Plus de 60 % des fonds de pension étudiés fournissent très peu d’informations, voire aucune, sur l’impact du changement climatique sur leur portefeuille d’actifs. C’est un niveau similaire à celui de l’année dernière et qui est également proche de celui des assureurs, que nous avons étudié en mai dernier», explique Peter Uhlenbruch, en charge des questions d’engagement pour ShareAction. Mais derrière ce chiffre encore élevé, se cachent de fortes disparités. L’Europe compte ainsi 24 % de fonds de pension notés au moins A par le rapport, contre 4 % pour le continent américain et 0 % pour l’Asie. De fait, le fonds suédois AP4 tient cette année encore le haut du tableau, suivi par le Fonds de réserve pour les retraites françaises. «Les fonds de pension, en particulier d’Europe du Nord, continuent d’imprimer leur leadership sur les questions de prise en compte du risque climat dans leurs investissements, y compris par rapport aux assureurs», complète Peter Uhlenbruch. Le retard des autres est dû à de multiples causes : «La prise de conscience que le climat est un risque financier à part entière n’est pas encore généralisée parmi les acteurs. Il faut davantage de pédagogie, poursuit l’expert. Le cadre réglementaire, plus faible en Asie ou aux Etats-Unis qu’en Europe, gagnerait à être renforcé. Enfin, une taxonomie standardisée sur des sujets comme l’investissement bas carbone serait souhaitable.» L’ONG, qui doit continuer à exploiter les réponses des fonds de pension à son questionnaire, publiera dans les prochaines semaines un diagnostic plus précis de ces freins à une meilleure prise en compte du changement climatique.