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Etude

Les Français sont trop prudents en matière d’épargne…… mais ils gagnent en confiance et en appétit pour le risque

18 décembre 2018 - fundsmagazine.fr

AXA Investment Managers a mené une étude sur la façon dont les Français épargnent et investissent afin de concrétiser leurs besoins actuels et futurs. Il en ressort que 75 % des épargnants français préfèrent ne rien gagner plutôt que de prendre le risque de perdre lorsqu’ils investissent. Leur nature prudente se reflète dans leur vie de tous les jours : leur volonté de prendre des risques dans leur vie s’estompe dès l’âge de 30 ans, passant de 31 % pour les 22-30 ans à 21 % pour les 31-39 ans et atteignant seulement 17 % pour les 40-54 ans.
70 % des Français interrogés espèrent obtenir une performance annuelle moyenne de leurs placements d’au moins 5 %, ils sont même 30 % à attendre un gain annuel de 10 % ou plus. Leur allocation moyenne ne leur permet cependant pas d’atteindre cet objectif, la part des actifs considérés comme risqués, tels que les actions, restant faible quelles que soient les générations, et le portefeuille type n’évoluant pas beaucoup en fonction de l’horizon d’investissement.  Par ailleurs, 84 % des Français préfèrent être conseillés par un expert plutôt que par un robo-advisor ou un algorithme. Ainsi, seuls 13 % des Français interrogés disent souscrire à des produits financiers via une plateforme d’investissement en ligne, sur laquelle ils effectuent leurs propres placements sans être conseillés. Ils ne sont que 19 % à souhaiter le faire à l’avenir. 35 % des Français souhaitent être conseillés par quelqu’un de confiance pour pouvoir franchir le pas de l’investissement, ce besoin étant plus élevé chez les seniors (44 % pour les 55 ans et plus).

De son côté, l’étude mondiale «Global Investment Survey» de Legg Mason confirme le profil traditionnellement prudent des investisseurs français et leur préférence pour le marché domestique et européen. Toutefois, elle révèle un regain d’optimisme en 2018, annonciateur de choix d’investissement potentiellement plus risqués et plus innovants pour les années à venir. Cette étude a cependant été menée entre le 26 juillet et le 24 août, avant l’intensification des tensions et la correction du mois d’octobre.
«En 2017, le “Global Invetsment Survey” révélait une très forte aversion au risque chez les épargnants français, alors situés au dernier rang mondial en matière de propension à investir leur épargne, rappelle Justin Eede, responsable de la distribution Europe & Amériques chez Legg Mason. Le niveau de confiance élevé que nous relevons cette année pourrait bien annoncer un changement de cette tendance pourtant solidement ancrée dans les comportements en France.»
Les investisseurs français ont toutefois un certain nombre de sujets d’inquiétude quant à l’évolution de leurs placements, mais ceux-ci se distinguent de ceux des autres investisseurs mondiaux. Alors que les investisseurs à l’échelle globale s’inquiètent en tout premier lieu de l’instabilité économique mondiale, la crainte principale en France est la hausse du poids de la fiscalité, qui est un enjeu majeur pour 48 % des Français, contre 39 % des investisseurs mondiaux. A l’inverse, seuls 30 % des sondés français craignent l’instabilité politique dans leur pays, contre 37 % des investisseurs mondiaux. Quant à l’instabilité économique au niveau domestique, elle n’arrive qu’en sixième place des préoccupations majeures des investisseurs français, alors qu’elle atteint la troisième place au classement mondial.
Si l’allocation des Français reste généralement prudente, l’étude de Legg Mason indique que ce tableau pourrait évoluer : 35 % des sondés français déclarent vouloir augmenter leurs placements à haut risque/meilleur rendement alors que seuls 31 % d’entre eux souhaitent renforcer leurs placements à bas risque/rendement limité. De la même manière, 36 % prévoient de se positionner sur des produits gérés activement alors que seuls 31 % prévoient de renforcer leur exposition aux produits passifs, répliquant un indice de marché. En matière de classe d’actifs, une autre tendance forte persiste : la passion française de l’investissement dans la pierre. En effet, pour 41 % des investisseurs français, l’immobilier reste la classe d’actifs offrant les meilleures opportunités, très loin devant les actions domestiques et les actions internationales (27 %), l’or et les métaux précieux (23 %), les investissements alternatifs (23 %), les cryptomonnaies (21 %), les liquidités et les obligations.