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Les institutionnels veulent diversifier leurs investissements en infrastructures

optionfinance.fr - 08 mars 2019

Les infrastructures ont toujours la cote auprès des investisseurs institutionnels. «Nous cherchons des actifs de long terme, procurant des cash-flows récurrents et un complément de rendement par rapport à la dette souveraine, a expliqué, lors d’une conférence dans le cadre des House of Finance Days de l’université Paris-Dauphine, Carole Boucher, directrice des investissements et de l’allocation d’Axa France. Or, la dette d’infrastructures à 10 ans offre entre 140 et 200 points de base de plus que l’Euribor, par exemple.» L’assureur consacre 1 % de son bilan à cette classe d’actifs. Mais cet afflux d’argent tend à renchérir les projets les plus classiques et à pousser les investisseurs vers d’autres plus risqués. Traditionnellement, un projet d’infrastructure repose sur un contrat de long terme permettant de dégager des cash-flows stables. Mais les investisseurs commencent désormais à prendre des risques sur ces revenus, en échange de plus de rentabilité. «Pour leurs investissements dans les infrastructures en lien avec l’énergie, ils peuvent par exemple prendre un risque de marché sur le prix de l’électricité, a souligné lors de la même conférence Danielle Baron, responsable mondiale du secteur utilities et électricité chez Crédit Agricole CIB. Les cash-flows versés tendent donc à être plus aléatoires qu’il y a cinq ou dix ans.»

Cette demande accrue sur les marchés non cotés d’infrastructures, et par conséquent les prix élevés qui en découlent pourraient être atténués en regardant les actifs cotés. C’est ce que met en avant M&G, qui présentait jeudi un fonds dédié à ce thème. «Les institutionnels qui investissent traditionnellement dans les infrastructures via les marchés non cotés commencent à trouver les valorisations extrêmes et à se tourner vers les fonds d’infrastructures cotées», a expliqué Alex Araujo, gérant du fonds Global Listed Infrastructures de M&G. Lancé en 2017, ce fonds investit dans diverses entreprises cotées détenant des actifs réels de type infrastructure, comme des capacités de stockage d’énergie, des concessions d’autoroutes, des relais téléphoniques, des data centers mais aussi des hôpitaux ou des résidences étudiantes.