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Les institutionnels vont apporter 6 milliards d’euros à la tech française

17 janvier 2020 - optionfinance.fr

Pour financer les futures «licornes» françaises, le gouvernement compte sur les investisseurs institutionnels : une vingtaine d’entre eux (principalement des assureurs, mais aussi EDF, le FRR et l’Erafp) se sont engagés à apporter, d’ici fin 2022, 6 milliards d’euros de financement aux entreprises technologiques qui sont déjà à un stade avancé de leur croissance et qui ont besoin de capitaux pour continuer de grandir. C’est un milliard de plus que l’engagement informel déjà obtenu par Emmanuel Macron en septembre dernier. «Ces financements seront apportés à la fois aux entreprises technologiques non cotées, sur des levées de fonds supérieures à 50-100 millions d’euros, et aux sociétés cotées en Bourse, précise Martine Legendre, responsable des investissements alternatifs d’Allianz France. Chez Allianz France, nous répartirons nos engagements de manière égale entre ces deux catégories.»

L’enjeu pour les investisseurs institutionnels sera non seulement d’apporter des fonds, mais aussi de créer, à Paris, un écosystème favorable au financement de la French Tech, de sorte à la rendre moins dépendante des fonds d’investissement étrangers. «Dans le non-coté, les institutionnels font généralement peu appel à des équipes de gestion nouvelles et donc sans historique de performance ; à travers cette initiative, nous nous engageons au contraire à aider de telles équipes à se monter», explique Martine Legendre. Concrètement, chaque institutionnel viendra présenter l’équipe de gestion avec laquelle il souhaite travailler, devant un comité technique réunissant, environ quatre fois par an, l’ensemble des investisseurs partenaires. A charge, pour ce comité, de valider le gestionnaire et, ce faisant, de lui donner de la visibilité auprès des autres institutionnels. «La vertu de ce comité technique est de permettre un partage des meilleures pratiques», ajoute Martine Legendre. La même approche sera en outre appliquée aux gestionnaires de l’univers coté qui décideront de se spécialiser dans les valeurs de la tech française.

Si les engagements financiers qu’ont pris les assureurs-vie dans le cadre de cette initiative ne proviennent que de leur actif général (fonds euro), l’émergence d’un tel écosystème de gestionnaires pourrait toutefois leur donner aussi des idées pour leurs unités de compte. «Cette initiative va nous permettre d’être innovants et de diversifier l’allocation de nos portefeuilles généraux de manière sélective ; à terme, il pourrait être intéressant de faire bénéficier nos assurés de ces opportunités d’investissement à travers des unités de compte dédiées», projette Edouard Jozan, directeur de la stratégie d’investissement d’Allianz France.