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CHANGEMENT CLIMATIQUE

Les PRI poussent le concept de «transition juste»

17 mai 2019 - optionfinance.fr

Les investisseurs français veulent prendre davantage en considération les conséquences sociales de la transition énergétique. Plusieurs d’entre eux ont présenté l’état de leurs réflexions lors d’une conférence organisée par les Principles for Responsible Investments (PRI), à l’occasion de la sortie de la traduction française du guide «Changement climatique et transition juste», paru en anglais en décembre 2018 (lire Option Finance n° 1495). «Le concept de “transition juste” n’est pas un prétexte pour ralentir la prise en compte, par les investisseurs, du changement climatique», a prévenu Laetitia Tankwe, conseillère auprès du président de l’Ircantec. L’enjeu est davantage de reconnaître les impacts de la transition énergétique sur l’emploi, tant en termes de quantité (disparition de postes) que de qualité (évolution des métiers), et de les accompagner. Le sujet est complexe. «En tant qu’entreprise paritaire, lorsque nous avons présenté à nos administrateurs notre projet de politique de désinvestissement, notamment dans le tabac et le charbon, les débats ont été assez vifs car cela soulevait des risques pour l’emploi», témoigne Philippe Brossard, directeur de la recherche économique, ISR et support au développement d’AG2R La Mondiale. L’investisseur explique avoir adopté une démarche de désinvestisssement progressive, pour laisser le temps aux entreprises concernées de gérer cette transition.

Le concept de transition juste implique aussi que les indicateurs sociaux soient davantage pris en compte dans les décisions d’investissements, à côté des éléments environnementaux. AG2R La Mondiale utilise par exemple les notes de Vigeo Eiris sur des indicateurs comme la gestion des restructurations et la promotion de la formation professionnelle. «Les critères sociaux pèsent entre 12 et 20 % de la note ESG selon les secteurs, précise Philippe Brossard. Sur les entreprises du secteur de l’énergie, la note sociale est presque aussi importante que la note environnementale.»

Le cadre réglementaire applicable à la finance durable, en cours de construction au niveau européen, est, lui, assez en retard en la matière : dans la liste des activités vertes («taxinomie») qui est en train d’être définie, des garde-fous ont été introduits pour s’assurer du respect des minima du droit du travail, mais sans plus d’approfondissement.